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Publié par Saoudi Abdelaziz

La réputation médiatique du « magicien Monti » qui a accompagné la nomination à la tête du gouvernement du technocrate ultra-compétent de Goldman Sachs et de l’aristocratie financière internationale, ne semble pas résister à l’usage. Selon un sondage Ipso, en quinze jours sa popularité est passée de 62 à 44%. Le magicien bute notamment contre la levée de bouclier opposée à une mesure clé de son dispositif d’austérité : « l’assouplissement » des règles de licenciement. « Mario Monti suit une ligne libérale, celle-là même qui a fait faillite avec la crise », déclare le numéro1 de la puissante confédération syndicale CGIL.

 Article du correspondant à Rome du journal économique Les Echos

 

 

Le climat social se durcit en Italie sur fond de rigueur

 

Le climat social se tend en Italie. Alors que la réforme du marché du travail entame son marathon au Parlement, la popularité du gouvernement Monti s'effrite. Si le président du Conseil était crédité la semaine dernière d'une cote de popularité de 67 % par l'institut Demos, l'action de l'exécutif est soutenue par seulement 44 % des Italiens selon le dernier sondage Ispo, contre 62 % début mars.

 

Quant au projet de loi visant à assouplir les règles de licenciement, il est jugé négativement par 67 % de la population. « La réforme prétend instaurer je ne sais quelle " flexi-sécurité " à la danoise ou à l'allemande mais à l'arrivée, si elle apporte une dose de flexibilité en réduisant un peu la précarité au travail, elle ne prévoit pas un centime pour accroître la sécurité des salariés », résume sans fioriture Susanna Camusso, numéro un de la Confédération générale italienne du travail (CGIL), premier syndicat du pays.

 

S'exprimant hier devant l'Association de la presse étrangère, à Rome, l'homologue transalpin de Bernard Thibault appelle à une grève générale courant mai. « Je ne sais pas si la politique de rigueur actuellement menée en Italie est dictée par le FMI, la Banque centrale européenne ou le «Financial Times » mais ce qui est sûr, c'est que Mario Monti suit une ligne libérale, celle-là même qui a fait faillite avec la crise », estime-t-elle. « Ceux qui dirigent notre pays continuent de croire que c'est en facilitant les licenciements que l'activité économique va redémarrer, ils se trompent complètement », d'autant que l'Italie a perdu « plus de 900.000 emplois » depuis 2008, rappelle-t-elle.

 

« Une situation explosive »

 

A ce stade, seule la réduction annoncée du nombre de contrats de travail, avec la relance de l'apprentissage, trouve grâce à ses yeux. Les travailleurs précaires (CDD, temps partiel, intérim...) sont actuellement 4 millions, soit 17,2 % de la population active, calcule le centre d'études CGIA de Mestre, 700.000 d'entre eux ont moins de 25 ans. « Le taux de précarité bat des records chez ceux qui sortent de l'université, c'est un vrai scandale », déplore la syndicaliste. Plus globalement, Susanna Camusso prédit des lendemains qui déchantent, « vu qu'au nom de l'euro qu'on veut sauver à tout prix, on se fiche de la démocratie et de la volonté des citoyens ». D'après elle, ce sont les salariés des classes moyennes et les retraités qui sont en train de « payer la facture », puisque « plus de 80 % des hausses d'impôts » frappent ces deux catégories. Pour preuve, l'impôt sur le revenu, la TVA et les accises sur le gaz et l'essence sont les principaux leviers des 233 milliards d'euros d'austérité engagés jusqu'en 2014. En outre, fait-elle remarquer, la taxe foncière supprimée par Silvio Berlusconi va faire son grand retour en juin. Elle portera sur la résidence principale et concernera donc, là encore, les familles à revenu moyen. Enfin, l'Etat a sévèrement rogné les crédits affectés aux collectivités locales, conduisant à « une situation explosive » dans les transports publics.

 

 

Guillaume Delacroix, correspondant à Rome, 29 mars 2012. Les Echos.fr

 

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