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Publié par Saoudi Abdelaziz

Par Saoudi Abdelaziz, 24 mai 2012

 Dans son dernier édito, Salima Ghezali écrit dans la Nation : « En vingt ans de pluralisme sous haute surveillance, traversé par une guerre interne atroce, les algériens, consciemment ou inconsciemment, ont joué et rejoué jusqu’à la nausée, une parodie de la bleuïte. Immolant symboliquement sur l’autel de leurs archaïsmes, soigneusement entretenus, toute avancée collective harmonieuse ». Cet édito qui porte notamment sur « la gestion des dissidences » semble évoquer aussi la situation dans le FFS, alors que Aït Ahmed vient d’appeler son parti à prendre à bras le corps un travail de clarification, appel réduit hâtivement et de manière partiale, à une « opération de purge », par les unes des quotidiens systémiques à gros tirages

 Kharroubi Habib écrit par ailleurs, ce matin, dans le Quotidien d’Oran : « La fronde qui s'organise au sein du RND n'a rien de spontané, et tout comme celle qu'a eu à affronter Belkhadem dans le FLN, elle a été inspirée de «quelque part» à ses initiateurs ».

 Quel est le but des manœuvres en cours dans l’establishment politique? La concomitance de ces faits, au sein des plusieurs partis, fait-elle qu’ils ont la même signification ?

On sait que la manipulation a réussi, jusqu’ici, à atomiser et à contrôler le corps social en vue de sauvegarder les intérêts en place. Elle a réussi dans les années 90 à polariser la vie politique entre islamistes et anti-islamistes, empêchant ainsi toute alternative unitaire au système en place. On remarquera ainsi que pendant la décennie noire, les assassinats terroristes « ciblés » n’ont visé que des personnalités unitaires, dans tous les camps.

 Quelle est la finalité des manipulations d’aujourd’hui, alors que nous avons quitté la période où le terrorisme était l’instrument principal des luttes politiques ? On a beaucoup écrit sur l’opacité des centres de décisions en Algérie. La phrase de Karl Marx pourrait être paraphrasée et appliquée aux décideurs en Algérie, « qui ne prennent pas la nuit des décisions qu’ils veulent exécuter dans la journée, mais décident le jour et exécutent la nuit ».

 Abderrahmane Hadj-Nacer a dit récemment : « Cinquante ans après l'indépendance, je défie quiconque de me dire où se trouve le centre du pouvoir ». L’ancien gouverneur de la Banque centrale pense que ce centre informel a perdu de sa cohérence.

 Existe-t-il un centre secret unique derrière les manipulations actuelles ? A propos de la concomitance des dissidences au RND et au FLN, Kharroubi note incidemment : « Ce qui ne veut pas dire pour autant que les «tireurs de ficelles» soient les mêmes concernant Belkhadem et Ouyahia ». Mais, on sait aussi que dans l’art militaire, qui anime les services secrets, une manœuvre peut aussi servir à détourner l’attention d’une autre cible autrement plus importante…

 On a écrit avec sagacité sur les efforts pour comprendre les opérations secrètes : « Une élite plus fermée voudrait savoir le vrai, très malaisée à distinguer clairement dans chaque cas singulier, malgré toutes les données réservées et les confidences dont elle peut disposer. C’est pourquoi elle aimerait connaître la méthode de la vérité, quoique chez elle cet amour reste généralement malheureux ».

 Cet écrivain sulfureux a écrit aussi : « Celui qui est content d’être dans la confidence n’est guère porté à la critiquer : ni donc à remarquer que, dans toutes les confidences, la part principale de la réalité lui sera toujours cachée ». (Guy Debord, commentaires sur la société du spectacle)

 Comme à l’égard des autres activités de l’establishment politique, l’opinion semble suivre ces choses avec dédain, en dépit des efforts médiatiques pour les faire mousser.

 On apprend aussi, sur la une de nos quotidiens, que nous aurons un parlement-bis, que le chef de la Dgsn va retirer la police des stades! Est-ce que toute cette agitation vise à faire patienter le bon peuple? Après les élections, les gens attendaient logiquement des initiatives du président de la République, prolongeant ses appels au secours de la campagne électorale. Pendant ce temps, les salariés, les producteurs de richesses, les retraités, les étudiants, les « administrés » et autres « citoyens » continuent de lutter obstinément pour leurs droits, tout en sachant qu’il faudra bien un jour ou l’autre changer les règles du jeu, et dissiper le brouillard et  l’opacité qui permettent d’opprimer un peuple divisé.

 

 

 

 

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