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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

Les opérations terroristes ne devraient pas être analysées à la lumière de la récurrence d’un mode opératoire. Il existe certes de grandes similitudes entre ce qui se passe actuellement et la dernière grande vague terroriste, celle de l’été 2008. Avec une différence toutefois : en 2008 elle s’était arrêtée au début du ramadhan, infirmant la théorie facile des médiatiques qui veut que les actions terroriste coïncident toujours avec le mois sacré.

Mais les deux offensives ont des similitudes de contexte. Toutes deux se déroulent alors qu’est mis à l’ordre la question du pouvoir, et d’abord celle du contrôle de la présidence de la république. En 2008, il s’agissait de la légitimité ou non d’un nouveau mandat pour Bouteflika. En 2011, ce qui est mis à l’ordre du jour c’est la déposition de ce président, présenté par divers milieux comme l’obstacle central aux changements démocratique. Dans les deux cas, les attentats ont fourni du grain à moudre à une féroce campagne médiatique autour de l’échec de la politique d’apaisement menée par Bouteflika après son accession à la présidence.

Depuis le début du printemps, de plusieurs côtés, on fait pression sur l’Armée de ligne, visée dans son essence symbolique par le dernier attentat provocateur de Cherchell. L’armée de ligne est présentée comme la clé de cette déposition, compte tenu de l’affaiblissement des capacités politiques du DRS et des services secrets, initié par Bouteflika. Des appels au coup d’état militaire sont même lancés, après que les tentatives de soulèvement populaire anti-Bouteflika aient été accueillies, en février, par une sorte d’indifférence calculée par le peuple d’Alger.

La campagne terroriste en cours n’est-elle qu’une opération de « diversion médiatique » d’AQMI pour rappeler son existence et qui finira, comme celle de 2008, à la « rentrée » ?

Les Algériens l’espèrent. Il n’est malheureusement pas fantaisiste d’imaginer que l’opération de provocation terroriste s’aggravera. Le contexte actuel est différent de celui de 2008. De toute évidence les objectifs des grands acteurs nationaux et internationaux ont pris une tournure nouvelle après les soulèvements réussis en Egypte et en Tunisie, points d’appui de la domination américaine.

Les apprentis sorciers de la Communauté internationale du renseignement pourraient être tentés de durcir la résistance à la montée des peuples, en utilisant secrètement le terrorisme au service des intérêts conjugués de la politique du Grand orient et du virage néolibéral. Leurs points d’appui dans la nébuleuse terroristes sont en effet capables de tourner les capacités de nuisance, non plus vers le grand Satan, mais vers les Apostats souverainistes arabes. Après la chute du Satan Soviétique, les Apostats souverainistes sont l’ennemi commun. La mort de Ben Laden peut favoriser cette reconversion conceptuelle.

 Sur le terrain libyen, l’Otan a fait preuve d’un laxisme, qui pouvait paraître surprenant, à l’égard de la participation des groupes intégristes armés aux combats et même à la direction militaire de la rébellion. Des informations précises ont été données sur ce fait par les médias occidentaux, mais elles ont été rapidement mises sous le boisseau, comme un phénomène inévitable mais maîtrisable. Comme le souligne Hillary Clinton dans son communiqué du 26 août, à propos des rebelles libyens : « Nous allons les observer pour s'assurer que la Libye remplit ses responsabilités en matière de traités, qu'elle s'assure que ses stocks d'armes ne menacent pas ses voisins ou tombent entre de mauvaises mains et qu'elle se montre ferme face à la violence extrémiste ».
  L’APS reprend les propos que lui a tenu le même jour l’ambassadeur américain à Alger : « Actuellement et en cette période transitoire, nous pouvons dire que la situation est grave, notamment lorsqu’on entend des informations faisant état d’ouverture de stocks d’armes dans ce pays ».

"Ce phénomène s’est déjà produit en Irak", a-t-il rappelé, soulignant qu’il s’agit "d’une chose dangereuse pour tous les pays voisins". "D’où la nécessité, a-t-il dit, d’exploiter notre coopération avec l’Algérie et d’autres pays" pour faire face à cette menace. »

Ces propos sont-ils pour autant rassurants. L’alliance entre l’intégriste armé et l’Occident n’est pas nouvelle. En Libye comme en Syrie, cette ligne de conduite semble déjà effective sur le terrain. Les Etats-Unis et l’Otan ont-ils choisi de renouer avec leur politique afghane de la fin des années 70, consistant à s’appuyer sur l’intégrisme armé de Ben Laden pour combattre « l’ennemi principal » soviétique.

 S. A.

 

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