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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

 

 

Bazar de marchandises étrangères financé par les dévises pétrolières ou production nationale capable de répondre à la demande locale et d’exporter. Le débat semble s’ouvrir plus largement au cours de la dernière période ? La centrale UGTA a engagé une initiative pour relancer la concertation autour de la relance de la production industrielle.

Dans le Temps d’Algérie sous le titre Relance de l'industrie nationale,  K. S. rend compte des positions de divers économistes

 


Les économistes proposent des solutions

 

 

 

 

Après la fermeture en cascade des entreprises publiques dans les années 1990, l'Algérie s'est retrouvée avec un tissu d'entreprises fragiles, fortement concurrencées par les importations massives et le marché informel.

 

Cette situation doit être inversée pour relancer la croissance économique hors hydrocarbures en mettant à niveau le secteur public et en prônant une politique de substitution aux importations, a recommandé Mustapha Mekidèche, économiste et vice-président du Conseil national économique et social (Cnes).

 

Intervenant samedi à la 9e session du Forum d'Alger, organisé par le cabinet Emergy International Startegic Consulting, sous le thème «les convulsions de l'économie mondiale, les enjeux et challenges pour l'Algérie. Quel rôle pour l'industrie ? Quels défis pour les entreprises ?»,

 

M. Mekidèche a estimé que notre pays a besoin d'un secteur économique public, sans négliger le secteur privé qui doit bénéficier d'un environnement économique favorable.

En ces temps de crise économique mondiale, l'Algérie doit opter pour l'encouragement des projets mixtes (public-privé) et faire une sélection pour les projets de partenariat avec les étrangers. «L'industrie ne représente que 5% du PIB», s'est-il inquiété, proposant de sélectionner les secteurs qui réalisent une forte valeur ajoutée et encourager l'émergence de champions notamment dans le secteur du BTPH qui connaît une croissance de 10%.

 

Il a recommandé aussi de soutenir les progrès réalisés dans le secteur agricole qui a enregistré aussi des progrès au cours de ces dernières années. Citant l'expérience de la Tunisie en termes d'investissements étrangers directs (IDE), il a relevé que ces IDE n'ont pas été bénéfiques car une fois le pays en crise, les investisseurs ont plié bagage et sont repartis dans leurs pays, laissant derrière eux des centaines de travailleurs tunisiens au chômage. L'Algérie doit, à cet effet, faire une sélection et opter pour des projets fiables, générant une valeur ajoutée.

 

Pour M. Mekidèche, qui préside aussi la commission du ministère de l'Industrie chargée d'élaborer des propositions pour relancer le secteur industriel, l'Algérie doit diversifier ses partenaires étrangers et saisir les différentes opportunités qu'ils lui sont offertes pour s'engager dans des partenariats.

 

Pour sa part, Mourad Preure, directeur du cabinet Emergy, a estimé que le choix doit être porté sur des partenariats productifs. Profitant de l'actuelle embellie financière, notre pays doit saisir l'occasion pour prendre des participations dans des entreprises européennes en difficulté. Au sujet de la relance du secteur industriel, il a recommandé d'accorder exclusivement des marchés aux entreprises algériennes pour répondre à la demande locale au lieu de recourir à l'importation.

 

«La demande interne peut apporter une bouffée d'oxygène et rendre possibles les politiques de relance de type keynésien», a-t-il expliqué. L'approche du partenariat a été partagée par Jean-Louis Levet, économiste français et spécialiste des questions industrielles et conseiller au Commissariat général français à l'investissement. L'économiste a, cependant, conditionné le partenariat par la création d'un environnement économique favorable, adossé d'un assouplissement des pratiques administratives.

 

Concernant le partenariat algéro-français, il a recommandé de favoriser, en revanche, les partenariats dans les domaines de la formation, la recherche scientifique et universitaire.

 

Cependant, «les entreprises françaises doivent comprendre que l'Algérie n'est pas un marché mais un pays où ils doivent créer des partenariats». La visite du président français François Hollande, la semaine prochaine, doit constituer «le point de départ d'un partenariat fructueux entre les deux pays». Il conclut en estimant que l'élite politique française doit comprendre que «l'axe Paris-Alger est indispensable».

 

Sollicité en marge de la rencontre pour s'exprimer sur le projet de Renault de créer une usine d'automobiles, M.Levet a indiqué que ce groupe tirerait profit de cet investissement car le marché algérien est porteur et permettra au groupe de renforcer sa présence sur le marché maghrébin et avoir accès au marché de l'Afrique noire.

 

 

 

Le Temps d’Algerie, décembre 2012

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