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Publié par Saoudi Abdelaziz

Au printemps 2002, Ariel Sharon  jette quatre divisions de l'armée israélienne contre la Cisjordanie. Alain Gresh explique: "Le premier ministre Sharon espère ainsi, après s’être débarrassé de l’Autorité et de M. Yasser Arafat, faire accepter la «  solution à long terme  » qu’il préconise depuis 1998: quelques bantoustans palestiniens autogérés, enserrés dans un carcan de colonies juives, dont le réseau n’a cessé de s’étendre depuis la signature des accords d’Oslo de 1993  ; les Palestiniens géreraient leurs propres affaires, sans aucune forme de souveraineté".
 
 
 
 
La dernière guerre du général Ariel Sharon
 
  
Par Alain Gresh, mardi 9 avril 2002
 
EXTRAITS
 
«  Le caractère et l’ampleur de l’actuelle opération militaire israélienne dans les territoires palestiniens occupés montrent qu’Israël a pris la décision stratégique de mettre fin au processus de paix d’Oslo qui avait défini le cadre des relations israélo-palestiniennes depuis dix ans.  » De Ramallah à Bethléem, de Naplouse à Jénine, c’est avant tout l’Autorité palestinienne, son chef, ses rouages, ses symboles que les quatre divisions de l’armée israélienne - une de plus qu’il n’en fallut à Israël pour conquérir le Sinaï en juin 1967 - cherchent à détruire. Qu’importe que l’Autorité ait condamné les attentats-suicides contre la population civile israélienne, elle est par principe «  coupable  », alors que les commanditaires des attaques - le Hamas et le Djihad islamique - sont à peine mentionnés dans les communiqués israéliens.
 
Mais il ne suffit pas à M. Ariel Sharon de broyer l’Autorité et de se dégager du carcan des accords d’Oslo, «  la plus grande catastrophe qui soit jamais arrivée à Israël  », selon ses dires. Son but stratégique est la capitulation de la population palestinienne, et sa renonciation à toute forme de résistance. Pour cela, il faut taper - et taper fort -  ; le 5 mars 2002, le général Sharon expliquait : «  Nous devons les frapper. Nous devons leur infliger des pertes sévères et ils comprendront qu’ils ne peuvent continuer à utiliser la terreur et à réaliser leurs objectifs politiques.   »
 

 

 

DR-Le 10 avril 2002, Ariel Sharon avec le général Ben Eliezer, 
supervisant "l'opération Rempart" à proximité du camp de refugiés palestiens
de Jenine. 500 Palestinien seront tués dans l'assaut-massacre.

 

  
 

 

 

 

Sur le terrain, l’armée israélienne met en œuvre ces «  principes  » : destruction systématique des infrastructures - dont certaines financées par l’Union européenne -, bombardements indiscriminés des camps de réfugiés, maisons éventrées, attaques contre des hôpitaux et entraves à la circulation des ambulances et au travail des secouristes - ce qui a amené, fait exceptionnel, la Croix-Rouge Internationale à protester -, pillages, vols, destruction de tous les cadres de la vie matérielle et sociale des Palestiniens. Les journalistes et les observateurs internationaux sont souvent interdits, harcelés, refoulés.
 
Le premier ministre Sharon espère ainsi, après s’être débarrassé de l’Autorité et de M. Yasser Arafat, faire accepter la «  solution à long terme  » qu’il préconise depuis 1998 : quelques bantoustans palestiniens autogérés, enserrés dans un carcan de colonies juives, dont le réseau n’a cessé de s’étendre depuis la signature des accords d’Oslo de 1993  ; les Palestiniens géreraient leurs propres affaires, sans aucune forme de souveraineté.(...)
 
Texte intégral : Le Monde Diplomatique
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