Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Publié par Saoudi Abdelaziz

Un million et demi de couffins du ramadhan aux nécessiteux. C’est un chiffre avancé par les ministres pour illustrer la rahma du pouvoir, alors qu’il dévoile la faillite de sa politique sociale.

 

Une masse considérable de jeunes non diplômés ou exclus du système scolaire vivote à la marge, dans la sphère de la débrouille, de la revente «informelle», de la petite délinquance plus ou moins tolérée, du racket soft ; ou sert parfois de terreau au grand banditisme.

 

La nouvelle inflexion de la politique de redistribution du revenu national, opérée depuis quelques mois, ne concerne pas cette partie importante de la jeunesse. Pas même indirectement, par le biais familiale, car ces jeunes vivent dans des familles elles-mêmes exclues de cette redistribution. Au contraire, elle aggrave la frustration des jeunes ignorés par l’ANSEJ et les autres dispositifs d’ «insertion sociale».

 

L’islamisme politique n’offre plus cette fausse perspective qui permettait, il y a une vingtaine d’années, aux jeunes des basses classes de rêver d’autres lendemains -et pour certains d’être entraînés dans un chemin sans issue. L’islamisme politique s’est embourgeoisé, il est devenu «politiquement correcte» et middle class. Il condamne fermement les atteintes à la propriété d’autrui. Comme les autres secteurs politiques des couches moyennes, il éprouve de la crainte et de l’aversion à l’égard de cette nouvelle classe dangereuse.

 

Les récents accès de colère irrationnelle de jeunes seraient provoqués, selon un des nos lecteurs, par les barons de l’informel dont les intérêts seraient menacés. «Le lumpen prolérariat» serait alors utilisé comme masse de manœuvre par des secteurs politico-policiers, de concert avec les réseaux maffieux de l’informel, lesquels influent sur les jeunes casseurs, devenus des bataglias algériens en quelque sorte.

 

Ces analyses ont une part de vrai, mais elles pourraient amener à mettre sous le boisseau l’exigence prioritaire, c’est à dire l’éviction du pouvoir de la caste des prédateurs qui est à l'origine de l’exclusion et des frustrations et, cyniquement, semble en faire un instrument pour intimider et combattre les forces vives du pays.

 

S. A.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article