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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

Les impressions du jeudi

 

Quelle va être l’évolution de l’état d’esprit dans les milieux démocrates après les récents développements de la situation au Maghreb et au Machreq ? Le chroniqueur du Soir d’Algérie Hassan Zerrouki qualifie d’ « énorme » la nouvelle position américaine. Il écrit ce matin : « Selon les stratèges de Washington, grâce à l’appui politico-financier des monarchies du Golfe, des régimes arabes stabilisés par des islamistes dociles, sachant concilier l’Islam et les affaires, sauront préserver l’équilibre régional nécessaire à la sécurité d’Israël. Formulé ainsi, cela paraît énorme, mais c’est malheureusement vrai. Sinon comment interpréter cette soudaine sympathie envers l’islam politique, défendu publiquement par le chef de la diplomatie française Alain Juppé ? »

Le constat ne paraît en effet « énorme » que pour ceux qui entretenait des illusions sur le « charismatique » Obama et sa volonté d’aller à la rencontre des aspirations démocratiques des peuples, ou sur le soutien européen, de laïcs à laïcs.  Obama héros de la libération des peuples ? Pour situer le rôle du président américain, rappelons-nous le soutien qu’avait apporté à sa candidature Rupert Murdoch, le magnat conservateur : « Nous avons besoin d’une rock star ».

Commentant un discours De Barak Obama, Saïd Sadi n’hésitait pas à déclarer en juin dernier : “C’est un moment totalement inédit dans l’histoire qui a suivi la décolonisation. C’est pour la première fois que les grandes puissances ont compris qu’il ne s’agit plus de composer avec les pouvoirs mais d’enregistrer les aspirations des peuples. La levée en masse des citoyens du Sud a obligé les partenaires du Nord à réviser fondamentalement leur stratégie”, (Liberté 4 juin 2011).

Enregistrer les aspirations des peuples ? Alors que les révolutionnaires égyptiens exigeaient le départ de Tantaoui, Hillary Clinton apporte sa bénédiction au maréchal de Moubarak.

Rappelons nous Benjamin Stora défendant le droit d’ingérence en Libye et ailleurs et fustigeant un « anti-impérialisme dépassé » qui amène à « ne pas tenir compte de la nouvelle donne géopolitique, qu’il s’agisse de la chute du mur de Berlin, de la fin de la guerre froide, de l’élection de Barak Obama » (Le Figaro, 30 août 2011).

Méfions nous des généralisations ethniques faciles. Les pays musulmans ne sont pas un magma indistinct à analyser en gros. Ce sont des peuples et des nations aux parcours très différents, même si, partout les choses bougent dans la même direction : celle de l’exigence de la détermination de leur avenir par les peuples eux-mêmes.

 Les Tunisiens se sont massivement emparé du droit de vote pour parachever un mouvement déjà hégémonique de liquidation de l’ancien régime. Les Libyens ont été embarqués dans une pièce qui a été écrite par d’autres. Les Marocains ont chichement participé à un scrutin manigancé par un monarche parti en vacances à Paris, pendant que son makhzen et la classe politique qui va avec s’affairaient. En Algérie, les stratèges en chambre peaufinent interminablement leur scénario et les Algériens n’en pensent pas moins.

Parlant du rôle des Américains dans l'évolution de nos pays, Philip Gordon, un des adjoint d'Hillary Clinton disait le 27 octobre dernier au cours d’une réunion d’expert à Washington: « On n'en a choisi ni le lieu ni le moment. On essaie de le soutenir, mais on se met le doigt dans l'œil si l'on pense que nous pouvons le contrôler »

Il serait en effet peu judicieux de considérer que c’est l’alliance occidentale qui détient l’initiative de l’évolution actuelle dans le monde arabe. Le système de domination mondial est en crise. Il prend eau de tous les cotés.

Saoudi Abdelaziz, 1er décembre 2011 

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