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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

Salima Ghezali, dans sa dernière chronique radiophonique, intitulée Les arabes et les aztèques décrit ainsi la stratégie impériale encore à l'oeuvre dans le monde arabe : "faire de tous les peuples de la région une multitude de hordes en guerre les unes contre les autres".

 

 

 

Dans un article intitulé "l'année 2014 dans le monde arabe entre espoirs de changement et risques de somalisation", Mohamed Tahar Bensaada écrit notamment:

 

Paix impériale

 

Ce qui nous amène à nous interroger sur les perspectives de "paix" concoctées par les grandes puissances avec l'implication plus ou moins forcée de leurs partenaires régionaux et leurs implications sur le devenir des nations et des peuples de la région. Il est clair que si l'accord stratégique russo-américain arrive à forcer la main de leurs partenaires respectifs (Turquie, Arabie saoudite, Iran, Irak) en vue de cesser d'alimenter la guerre civile aussi bien en Syrie qu'en Irak, personne n'aura à s'en plaindre.

Ce n'est pas parce que les grandes puissances de ce monde proposent une solution qui s'inscrit dans leurs desseins stratégiques que la solution serait automatiquement mauvaise pour les peuples de la région. La raison est simple: sur le terrain, il n'y a aujourd'hui aucune solution alternative crédible et entre deux solutions mauvaises, il vaut mieux s'accommoder de la moins mauvaise solution en attendant la maturation des conditions pour une solution révolutionnaire.

Bien entendu, si une solution négociée venait à être imposée par les grandes puissances et leurs alliés régionaux en Syrie, elle restera malgré tout fragile tant qu'elle ne sera pas portée par les forces vives de la société syrienne ne serait-ce que parce que les grandes puissances qui se voient aujourd'hui dépassées par leur jeu d'apprenti-sorcier après avoir armé (ou laissé faire) les groupes rebelles, peuvent toujours revenir à leur ancien sport favori si elles s'aperçoivent que la "paix" n'est pas aussi fructueuse pour leurs intérêts stratégiques.

Par ailleurs, une solution négociée qui permettrait au régime syrien et à la coalition de l'opposition syrienne à la botte de l'Arabie saoudite de s'entendre pour un partage du pouvoir risque de laisser intactes les frustrations sociales et politiques de la révolte populaire dans lesquelles continueront d'investir les groupes radicaux. La véritable question que la militarisation actuelle a occultée risque de revenir à la surface: une démocratisation véritable peut-elle se réaliser sans un fort ancrage dans les luttes sociales des larges couches populaires et sans organisations civiles fortes capables de contrebalancer le poids de l'argent et des armes des groupes financés par les puissances étrangères?

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