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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

 

A la veille de l'élection présidentielle américaine, Justin Vaïsse, directeur de recherche à la Brookings Institution de Washington, revient sur la politique étrangère conduite par Barack Obama pendant les quatre années de son mandat (éditions Odile Jacob).

 

Par Gilles Paris

 

 

On isolera ici la partie qui concerne le processus de paix israélo-palestinien et que l'expert qualifie d'"échec personnel du président".

 

Justin Vaïsse rappelle que les printemps arabes, à partir de décembre 2010, surviennent juste après cet échec et que la réponse américaine à ces printemps ("une ligne politique de soutien à la démocratie qui place [l'administration Obama] (...) du bon côté de l'histoire, tout en ne compromettant pas les intérêts américains") a été brouillée par le fiasco enregistré sur ce front et que le candidat républicain Mitt Romney tente d'utiliser pour attirer dans certains Etats clefs un vote juif généralement majoritairement démocrate.

 

D'où vient cet échec ? Du non respect d'une règle essentielle de la diplomatie: "ne jamais rendre publique une exigence lorsqu'il n'est pas certain qu'elle pourra être remplie" (Antoine Coppolani). Quelle exigence? Le gel de la colonisation israélienne considéré comme un starter pour les Palestiniens ayant rempli leur part du contrat de la "feuille de route" (pour le camp Autorité palestinienne de Cisjordanie à la différence du Hamas de Gaza). "Seulement cette stratégie souffre d'un défaut: elle suppose une réponse positive d'Israël aux demandes américaines. Or avec Benyamin Nétanyahou revenu au pouvoir à la tête d'une coalition qui inclut, en plus du Likoud, des éléments d'extrême droite dont des représentants des colons, c'est un véritable bras de fer qu'il va falloir livrer (...) dont l'enjeu est l'opinion publique israélienne", écrit Justin Vaïsse.

 

Entre 1996 et 1999, Bill Clinton avait remporté l'épreuve. Dix ans plus tard, "les Israéliens (dont la composition démographique, sous l'effet de l'immigration, a changé dans le sens d'un rejet de la solution des deux Etats depuis les années 1990) ne lui font pas confiance et soutiennent les rebuffades et les provocations de leur premier ministre".

 

Justin Vaïsse passe en revue les éléments de l'échec: absence initiale d'un envoyé spécial identifié Maison Blanche, mauvaises appréciations des "experts es Israël" (Rahm Emanuel), maladresses du discours du Caire (dans lequel il replace la création d'Israël que dans le contexte de la Shoah), refus saoudien (après que les autorités israéliennes aient snobé leur Initiative arabe) de gestes envers Israël. L'année 2010 au cours de laquelle culminera la tension entre M. Obama et M. Nétanyahou s'achèvera sur "une défaite sur toute la ligne". Sans oublier un réalignement vers Israël dans la perspective de l'élection de 2012 qui se traduira in fine par une prise de distance très nette vis à vis des Palestiniens.

 

On se permettra d'ajouter une interrogation: la stratégie d'Obama consistait à réanimer sur les mêmes bases le processus de paix d'Oslo. Le gel de la colonisation demandé en 2009, en coût symbolique, était, dans son esprit, similaire aux évacuations israéliennes des zones A (à Gaza et en Cisjordanie) opérée entre 1994 et en 1997, y compris celle d'Hébron (du moins de la zone H1) opérée sous la houlette de M. Nétanyahou.

 

Cette mécanique ayant fait la preuve de son inefficacité dans un contexte exceptionnel, de 1995 à l'été 2000, aurait-elle pu aboutir une décennie plus tard? A la lumière des critiques désormais nombreuses de cette approche "téléologique", comme l'avait identifié dès 1996 le chercheur Jean-François Legrain, on se permettra d'en douter.

 

Giles Paris, 10 octobre 2012. israelpalestine-blog

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