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Publié par Saoudi Abdelaziz

Un éditorial de Liès Sahar

 

 

On ne peut pas reprocher au groupe ArcelorMittal de vouloir maximiser ses profits. C’est le propre de toute entreprise de viser des objectifs toujours plus élevés. Les informations qui ont circulé ces derniers jours, reprises hier publiquement par le Premier ministre, indiquent qu’on est en présence d’un bras de fer sérieux entre l’Etat algérien et ArcelorMittal. En clair, le groupe sidérurgique opère un véritable chantage : ou vous me donnez de l’argent pour me financer, ou je quitte. Selon le Premier ministre, le groupe a brandi le dépôt de bilan comme une menace pour obtenir un crédit bancaire sans garantie. Lorsqu’on sait que la maison mère basée au Luxembourg a déclaré des bénéfices nets de 2,9 milliards de dollars en 2010 et 2,656 milliards de dollars uniquement pour le premier semestre de l’année 2011, on se demande si l’on n’est pas en présence d’une arnaque de première.

 

Lorsque ArcelorMittal est venu en Algérie, au début des années 2000, la sidérurgie algérienne avait déjà subi de grands coups de la part des lobbies des importateurs de rond à béton dans les années 1990. Le fait que le groupe soit indien avait fait croire à un partenariat très bénéfique. Or, depuis dix ans, non seulement la production n’a pas été développée car la partie algérienne était ligotée par l’engagement de ne pas opérer d’investissements dans le secteur, et de plus le groupe continue de revendiquer des avantages sans commune mesure avec son apport alors qu’il bénéficie d’un marché national important. En plus du crédit de 200 millions de dollars sans garantie qu’il sollicite, ce qui est un anachronisme dans le monde des affaires, le groupe demande aussi, selon des informations, la récupération de 45 millions de dollars de TVA, le maintien des avantages fiscaux et l’obtention d’une dérogation à l’export. En fait, ArcelorMittal veut participer à une réduction des dépenses de 4 milliards de dollars décidée par la maison mère, y compris en pratiquant le chantage.
Le groupe est en conflit avec les autorités dans plusieurs pays où il possède des usines et où ses pratiques sont décriées par les syndicats et les autorités régionales. Cette affaire pose le problème de la transparence des partenariats conclus et celui de la compétence des négociateurs.

 

Avant ArcelorMittal, Orascom avait bénéficié de beaucoup de facilités bancaires et fiscales afin de lancer deux cimenteries pour ensuite les revendre, dès que la période avantageuse avait pris fin, en réalisant une plus-value importante. Le négociateur aurait pu inscrire le remboursement au Trésor public des avantages en cas de revente. A titre d’exemple, la Chine, qui avait attiré les plus grandes multinationales dans les zones franches, avait pris le soin d’inscrire dans les contrats l’obligation pour l’investisseur de laisser sur place ses machines s’il décidait de se retirer.

Dans les partenariats négociés, on a l’impression que l’investisseur n’a que des bonus et ces derniers ne sont même pas rendus publics pour savoir si, avec son apport, cet investisseur les mérite.

 

Liès Sahar, 8 janvier 2012. Lien El Watan.com

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