Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Publié par Saoudi Abdelaziz

 

 D.R.

 

 

 

Depuis la reconnaissance, en octobre de cette année, du « crime perpétré le 17 octobre 1961 à Paris », et en prévision de la visite du Président Hollande en Algérie le 19 décembre, les droites françaises les plus extrêmes montent au créneau pour discréditer l’Algérie, dont ils ont toujours du mal à digérer, cinquante ans après 1962, qu’elle soit indépendante.

Ainsi, certains élus de l’hexagone, comme Thierry Mariani, un des chefs de file de l’aile droite de l’UMP, demandent à François Hollande d’exiger le remboursement de la dette algérienne à l’égard de la Sécurité Sociale française. Celle-ci porterait sur un montant de 20 millions d’euros ! De là à en déduire que le « trou de la sécurité sociale » française, soit plus de 11,5 milliards d’euros, serait dû aux algériens….

Bien entendu, cette dette confirmée, la Sécurité sociale algérienne doit la régler. Comme le pays l’a toujours fait. L’Algérie n’a-t-elle pas remboursé, rubis sur ongle, quelques 25 milliards de dollars de dette extérieure au cours des années 2000, dont une bonne partie à la France et à ses banques ? On aimerait que d’autres pays puissent être aussi rigoureux vis-à-vis de leurs créanciers d’aujourd’hui et … d’hier.

En particulier, on pourrait se rappeler que… la France n’a toujours pas remboursé un emprunt de quelques un million de francs de l’époque consenti par le Dey au Directoire, à la fin du 18ème siècle, pour acheter du blé à la Régence d’Alger destiné à l’approvisionnement des troupes de Napoléon Bonaparte.

On pourrait également se rappeler que pour tout remboursement de cet emprunt, la France déclencha une conquête coloniale des plus violentes, aussi illégale qu’inique, qui dura quelques 132 ans.

Pis, on pourrait aussi se rappeler que non content de ne pas rembourser cet emprunt, le pouvoir militaires colonial, - le Général de Bourmont, pour ne pas le nommer -, s’empressa de faire un véritable hold-up sur le Trésor du Dey d’Alger, estimé à quelques 750 millions de francs de 1830, soit un peu moins de 6 milliards d’euros. Ce qui correspondait à 70% du PIB (produit intérieur brut) de la France de 1830 !

Pour autant, ce hold-up ne profita pas au Trésor Public français mais atterrit dans les poches de Louis-Philippe et de quelques uns de ses sujets les plus fortunés… et les plus corrompus. Bien dommage, cela aurait pu servir à boucher le « trou de la sécu ». Mais il est vrai qu’en ce temps là, … la sécurité sociale n’existait pas.

 

 

Smaïl Goumeziane, 21 novembre 2012. La Nation.info

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article