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Publié par Saoudi Abdelaziz

« Le gouvernement, faute de stratégie énergétique claire, n’a pas prévu l’explosion de la demande sur les carburants, ni la hausse des importations de véhicules »

 

 

Par Hamid Guemache

 

Malgré sa production pétrolière, le pays d'Afrique du Nord n'a pas investi dans les raffineries. Il doit donc importer des carburants pour faire face à la hausse de la demande.

L’Algérie, grand exportateur de pétrole et de gaz, est en passe de devenir aussi un grand pays importateur de carburants. En 2011, les importations du pays ont augmenté de 77% à 2,3 millions de tonnes pour deux milliards de dollars contre 1,3 million de tonnes en 2010. Cette année, le groupe pétrolier public Sonatrach importera 2,5 millions de tonnes de carburants dont deux millions de tonnes de gasoil, selon son PDG Abdelhamid Zerguine.Les importations du gasoil passeront ainsi de 1,3 million de tonnes en 2011 à 2 millions de tonnes en 2012, soit une augmentation de 700.000 tonnes.

 

Calculs d'épicier en guise de justifications

 

Le ministre de l’Energie, Youcef Yousfi a tenté de minimiser cette augmentation, avec des calculs d’épicier en déclarant que pour une tonne de gasoil importée, Sonatrach exporte l’équivalent de 3 tonnes de pétrole de brut, ce qui fait que la différence à payer par Sonatrach n’est pas très importante. Mais la hausse des importations de carburants est la conséquence de l’absence d’investissements dans le raffinage pétrolier depuis des années.

 

Absence d'investissements



L’Algérie, en dépit de ses moyens financiers tirés de l’exportation des hydrocarbures (200 milliards de réserves de change), n’a construit aucune usine de production de carburants ces dix dernières années. Les projets de raffineries annoncées durant les années 2000 n’ont pas abouti.

Le gouvernement, faute de stratégie énergétique claire, n’a pas prévu l’explosion de la demande sur les carburants, ni la hausse des importations de véhicules. En 2011, l’Algérie a importé 400 000 véhicules contre 300 000 véhicules en 2011, portant son parc automobile à cinq millions d’unités. La majorité des véhicules roule au diesel, notamment les camions, très utilisés dans le transport, en raison de l’absence de fret ferroviaire.

 

Ambitions affichées


Pour réduire ses importations de carburants, l’Algérie a lancé un programme de réhabilitation de ses trois raffineries pour plusieurs milliards d’euros pour porter leur capacité à 30 millions de tonnes par an au lieu de 22 millions de tonnes actuellement. Elle ambitionne aussi de construire quatre nouvelles usines d’une capacité totale de 20 millions de tonnes par an, selon M. Zerguine. Les projets de nouvelles raffineries risquent de tarder à voir le jour, ou carrément abandonner. Au lieu d’investir dans la pétrochimie, le gouvernement préfère exporter les hydrocarbures, qui représentent 98% des recettes en devises, pour s’assurer des revenus rapides afin de maintenir sa politique de subventions sociales et garantir la paix sociale.

 

Hamid Guemache, 8 août 2012. La Tribune.fr

 

 

 

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