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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

 

 

 

Petits déjeuners chez les nantis

 

 

 

 

(...) "Pourquoi l'inflation a-t-elle battu tous les records en 2012 ? s'interroge Salim Rabiadans Maghreb Emergent et le Quotidien d'Oran. Tout simplement parce que les « vendeurs » en tout genre se seraient approprié le gros de la hausse des salaires consentis en 2011 comme un vaccin contre la contamination tunisienne. Les classes populaires, « dangereuses » ou « suspectes » ne sont pas invitées au gros déjeuner qui se déroule chez les nantis.

 

Les résultats, sortis au compte-goutte de l'enquête de l'Office National des Statistiques sur les dépenses des ménages le confirment : l'aisance financière retrouvée de l'Algérie après les violentes et maigres années 90 profite surtout aux nantis. De l'ordre du 20%. Une surprenante permanence statistique puisqu'on estimait, dans les années 80 et 90, que sociologiquement, l'Algérie « officielle » avec ses relais et ses réseaux incluait 1/5ème de la population. Celle qui vote régulièrement et ne souhaite pas que ça change.

 

Par « effet de résonance » donc l'aisance financière est, elle aussi, accaparée par les happy few. Il y aurait entre les deux une petite middle-class qui se serait reconstituée pour faire « tampon » entre le haut et le bas. Mais, nuançons, les infos disponibles ne permettent pas de voir la méthodologie des enquêteurs, ni la qualité des échantillons. Il est certain que les algériens consomment plus que dans les années 90 où il s'agissait souvent de survivre, dans tous les sens du terme, à la double pression des violences politiques et celles de l'ajustement structurel. Mais cette semaine, la résonance absurde est dans l'interview : construire un bateau en Algérie, c'est faisable. L'homologuer est impossible. Aucune structure pour le faire. Résonance : il faut importer des bateaux homologués ailleurs. Le bateau algérien a beau savoir voguer, on le fera couler. Administrativement. Babor Ghraq ? Dans les têtes.

 Et au profit des importateurs, ces faux mal-aimés de l'Algérie gouvernementale".

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