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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

 

 

Par Maamar Farah

 

(…) Quand je passe devant le complexe sidérurgique d’El Hadjar, j’étouffe ma colère de le voir aujourd’hui aux mains d’une multinationale, et je me sens fier : voilà le chemin que nous aurions dû poursuivre ! Nous en serions à un autre stade de développement ! Et dire que certains continuent de nous asséner des bêtises du genre : l’Algérie aurait dû s’occuper d’agriculture et de tourisme ! Comme si nous étions un petit pays sans ressources, sans matières premières et sans ambitions.

 

L’Algérie a un destin de Canada, d’Australie et de Brésil. C’est un pays grand en tout : sa superficie, ses richesses naturelles (pétrole, gaz, fer, phosphate, cuivre, manganèse, plomb, mercure, or, zinc, uranium et peut-être même du diamant !) Toute la politique de Boumediene, menée sous la houlette du ministre de l’Industrie et des Mines, M. Belaïd Abdesselem, était orientée vers l’arrêt de l’exportation des matières brutes pour leur transformation ici même !

 

Ainsi est née cette grande entreprise qui permit à notre pays de lancer une industrie pétrochimique unique dans le monde arabe et d’installer l’un des deux grands complexes sidérurgiques d’Afrique, l’autre se trouvant dans le pays de l’apartheid.

 

Ainsi est née la grande industrie textile fortement intégrée (du mouton aux costumes) et certains grands couturiers mondiaux n’hésitaient pas à venir chercher, chez nous, les coupons de laine d’une qualité inégalable ! Les anciens se souviennent certainement du succès des vestes en cuir algériennes. La laine partait vers les ateliers de filage et de tissage, alors que les peaux prenaient le chemin des tanneries, dont la célèbre unité de Jijel !

 

Où sont tous ces complexes aujourd’hui ? Fermés ! De grandes masses de béton et de ferrailles qui dorment au moment où le pays est inondé de chiffons venus de Chine ! La fripe était interdite ! L’Algérien digne ne pouvait pas porter les vêtements jetés par l’Américain ! Evoquons aussi les industries mécaniques ! Le camion monté par Sonacome gagnait à Dakar et rentrait en première et deuxième positions ! Et devant qui, s’il vous plaît ? Renault, Saviem, Man, Mercedes… Les ouvriers de Rouiba avaient ébahi l’Afrique. J’y étais ! Les jeunes Africains venaient nous applaudir. A Bamako, Gao, Niamey, Ouagadougou, Dakar ; nos camions étaient barrés d’une grande inscription : «Sonacome, constructeur africain»…

 

 

Les premiers cars, les premiers autobus… Les tracteurs de Constantine, les moissonneuses de Sidi Bel-Abbès, les wagons de chemins de fer d’El Allelick (Annaba), exportés vers plusieurs pays… les machines outils de Oued Smar (Constantine), les grues de Béjaïa, les vannes de Berrouaghia (Médéa), les vélos et la céramique de Guelma, le marbre de Filfila (Skikda), les téléviseurs de Bel-Abbès, les cuisinières et frigos de Tizi, le sucre de Mostaganem et tous les produits de l’industrie privée qui avait pris pour principale base Oran… Air Algérie, la Cnan, la SNTV… Le démarrage était visible partout ! Bien entendu, il y eut des erreurs, des excès !(…)

 

Maamar Farah, 4 avril 2010. Le Soir d’Algérie. Texte intégral

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Baraka 22/01/2015 21:06

l Algerie avait presque tout,sauf des Hommes d Etat Integres et une populations active,laborieuse,courageuse,entreprenante...