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Publié par Saoudi Abdelaziz

La chronique du condjador (38)

 

 

 

La willaya de Jijel a lancé un programme d’aide aux populations rurales. Les gardes forestiers ont constitué de nombreux dossiers de demandeurs parmi les ruraux des alentours de Jijel.

 

Ces aides ? Dix brebis et un mouton mâle, ou une vache laitière d’importation. Les gardes forestiers, qui ont un contact quotidien avec les ruraux, ont même établi les constats de l’existence des étables et de leur conformité.

 

 

Cette rachoua des autorités a été miroitée aux ruraux de Jijel, sans doute pour qu’ils aient de nouveau confiance dans le gouvernement algérien, après avoir été longtemps négligés.

 

 

Ces pauvres ruraux ont cru à cette opération, au point de vendre leurs anciennes vaches locales, lesquelles ne sont pas trop exigeantes même si elles n’ont pas un bon rendement. On a donc fait de la place à la bonne grosse vache hollandaise qui allait débarquer.

 

 

Des aspirants éleveurs, comme moi, ont même construit des étables de 16 mètres carrés en y investissant 100 000 dinars, ce qui était la condition mise par les autorités pour bénéficier de cette opportunité.

 

 

Mais concrètement, ces autorités n’ont pas de suite dans les idées.

 

 

Ou peut-être si.

 

 

Ceux qui connaissaient personnellement les rouages de l’administration avaient averti que c’était du kharté. D’autres affirment aujourd’hui que lorsqu’on inscrit des gens de Mezghitane, c’est pour faire bénéficier des personnes favorites à Texenna.

 

 

Il s’avère donc que les listes établies ne sont qu’un camouflage pour faire passer des combines sur papier règlementaires.

 

 

Du juridiquement correct !

 

 

Ceux qui ne veulent pas de la sadaka de cette administration, mais aussi ceux qui ne peuvent pas remplir les conditions impossibles imposées pour recevoir cette sadaka, tous ceux qu’on fait courir en vain de bureau en bureau, se rabattent sur la possibilité de déposer leurs dossiers à l’Ansej ou à la Cnac.

 

 

Mais là aussi, bonjour la bureaucratie ! On te demande un acte de location pour l’étable que tu construis sur ton propre terrain familial. Et un autre contrat pour la parcelle de ton terrain que tu veux utiliser pour pâturage. Pourtant, ils ont accès à tous les dossiers et savent qu’à Jijel les terres en zone rurale sont aujourd’hui majoritairement dans l’indivision, que les procédures sont interminables.

 

 

C’est la même chose pour l’attribution de la carte de fellah : il faut fournir un acte notarié à son nom certifiant plusieurs hectares de terrain.

 

 

Et la condition des condition c’est de supporter l’orgueilleux assis dans son bureau qui joue au plus fort, te laissant deux heures assis, répétant que ce n’est pas encore le moment, et le moment venu, c’est la secrétaire qui s’absente. Le chef qui trône ici est aussi président quelque part ; à l’association des moulins d’olive de Jijel, dit-on.

 

 

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