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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

 

 

socialgerie nous invite à écouter une émission sur France-culture, intitulée Socialisme, retour à Marx, dans laquelle le chercheur marxiste Yvon Quiniou est invité à définir le socialisme par rapport au marxisme.

 

Depuis le déclenchement de la crise financière en 2007, on observe un phénomène particulier dans les médias et dans l’édition : on convoque les mânes de Karl Marx pour trouver dans les recherches de Marx (sans doute plus dans Le Capital que dans le Manifeste) les clés de la crise du capitalisme et les moyens de la soigner.

 

 

Interrogé par l’hebdomadaire Le Nouvel Observateur peu suspect de marxisme, le regretté Eric Hobsbawn notait en 2009 : « Ce sont paradoxalement certains hommes d'affaires qui, à la fin du siècle dernier et lors de la crise économique asiatique et russe des années 1997-1998 - qui anticipait celle d'aujourd'hui -, ont redécouvert la pertinence de Marx. Mais depuis la crise actuelle, on parle évidemment beaucoup plus de l'auteur du «Capital», puisque le cœur de sa pensée, c'est la critique et l'analyse du capitalisme. »

 

Yvon Quiniou ne les aidera sans doute pas dans cette besogne de sauvetage. En juillet 2010, il prédisait l’échec des politiques visant à amender le capitalisme : « En fait, moraliser le capitalisme s’avère, en toute rigueur, impossible puisque celui-ci est en lui-même immoral, qu’il se met au service d’une minorité fortunée, instrumentalisant la grande masse des travailleurs, niant leur autonomie. Exiger sa moralisation devrait conduire en réalité à exiger sa suppression, quelle que soit la difficulté de la tâche ».(Le Monde diplomatique)

 

Hobsbawn expliquait après le déclenchement de la crise : « Dans les quarante dernières années, on a assisté à une dérive assez pathologique de l'économie libérale néoclassique, quelque chose d'absolument imprévu et sans précédent: le système voulait tout éliminer sauf le marché même. C'est à cause de ce credo dans le laisser-faire extrême que la crise actuelle a été plus profonde qu'on ne pouvait normalement s'y attendre; et que sans doute elle engendrera une restructuration du capitalisme ». « Alors le capitalisme est-il capable de se réformer? » s’interroge le chercheur disparu. « Si l'on s'entête à maximiser les bénéfices du capital, à mon avis ça ne marchera pas. Le «fondamentalisme du marché», plus proche de la théologie, et soutenu par des algorithmes, a échoué ».

 

 

 

Synthèse blog, 27 février 2013

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