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Publié par Saoudi Abdelaziz

La rencontre improbable d’un chroniqueur irrité, d’un marin inspiré et d’un premier ministre qui s’en lave les mains.

Les fulminations du microcosme éclairé

Par K. Selim, 3 juin 2012

 Ainsi, le FFS aurait donc trahi et Aït Ahmed, dans ses vieux jours, se serait rendu, toute honte bue, au pouvoir et plus précisément au DRS pour trente deniersPardon, pour quelques sièges. Voici donc la thèse qui circule de la bulle des réseaux sociaux aux rédactions des journaux. Dans une formulation ultraradicale qui prête à sourire dans un pays où la classe «moyenne» sous perfusion rentière monopolise le bavardage, appelle la police à la moindre émeute de footeux de crainte pour son auto et l'armée en cas de mauvais vote de la population.

Il faut sauver la République menacée par les «gueux»! Le discours ultraradical est une norme commune dans le microcosme des claviers éclairés. Ceux qui attendent la révolution - calfeutrés, en cercle restreint ou en se connectant sur Internet - ne se privent pas de développer des thèses néocoloniales de détestation des Algériens, de leur lâcheté présumée, de leur fainéantise, de leur arriération Et, bien entendu, ces belles âmes, littéralement terrifiées à l'idée queles jeunes bousculent leur très relatif confort, attendent d'eux comme l'ont fait les islamistes qu'ils montent au casse-pipe pour leur paver une voie royale vers les sommets fascinants du pouvoir.

Comme si, après une «régression féconde», pour reprendre une formule bancale qui a fait florès - dans ces milieux, on aime les bons mots -, une jeunesse explosive et en plein désarroi n'allait pas basculer dans l'autodestruction et, miraculeusement, transformer l'émeute généralisée en grand soir démocratique. Par l'opération du Saint-Esprit probablement, car sans effort militant, sans cadres politiques, sans pédagogie.

Comme si on attendait que dans le choc avec une rue désorganisée, le pouvoir et le DRS allaient finalement se résoudre à appeler ce microcosme, dessus du panier d'une société régressive, pour lui confier, enfin, le destin de l'Algérie. Il y a chez ces bateleurs de la radicalité passive une sorte d'illusion lyrique, ou plus précisément de rêve puéril, que le «Pouvoir»- et le «DRS», puisque c'est de lui qu'il s'agit constamment - aurait besoin d'eux contre les «barbares». La révolution par la rue, ils aiment éperdument, à condition qu'elle aboutisse à la reconnaissance de leur droit imprescriptible à la régenter ! On aura même lu sur Internet cela ne s'invente pas des déclarations fulminantes stipulant qu'aucun «changement n'est possible en Algérie sans que soient jugés les généraux» ! Rien que ça !

Convaincues par l'argument, les baïonnettes reconnaîtront enfin le Beau et le Juste ! Parceque, n'est-ce pas mon cher ?, la révolution rêvée dans la «bulle» est chic et moderne On doit pouvoir y conter fleurette et y déclamer éventuellement quelques jolis vers, sans que des primitifs analphabètes viennent brûler les petites voitures des grands leaders en devenir. Comment cela serait-il possible avec le mépris de la plèbe que ces guides virtuels distillent à grandes rasades d'octets ? Comment cela serait-il possible sans autre implication de ces penseurs du verbe désincarné en quête d'approbation civilisée ? Alors même que le reste de l'Algérie serait, selon eux, en proie depuis toujours à la répression, la corruption, l'obscurantisme et à la religion ?

Ah, la religion ! Ne parlons pas de l'hypothèse, parfaitement plausible dans la vacuité politique actuelle, qu'un mouvement de rue finisse par rechercher et trouver une forme d'organisation autour des mosquées, comme on l'a plus ou moins connu. Dans cette hypothèse, nul besoin d'un effort particulier d'imagination : on appellera l'armée pour nettoyer le décor et réduire ces subversifs qui joueraient - n'est-ce pas ? - une partition saoudienne ou qatarie.

Ainsi donc, tenter de faire de la politique même dans des conditions rédhibitoires serait, au nom des puristes de tribune dématérialisée, une infâme trahison, une ineffaçable félonie. Il ne s'agit pas de politique et encore moins de tenter d'en faire : pour le microcosme élitaire, l'incantation devrait former la réalité. Connexion sur la toile et déconnexion avec le réel. Quelque chose ne tourne vraiment pas rond dans la bulle

 Source :  Le Quotidien d’Oran

 

Post Scriptum

 "Moi le condjador, je suis à moitié con comme mon pseudo l’indique si on le divise par deux, mais le djador me tire du coté de la niya. Il est pourtant une chose que je déteste le plus dans ce monde c’est le monopole sous toutes ces formes. D’où vient cette volonté de certains sites de tout utiliser à des fins de pouvoir ?

Je prie les sites Réseau des démocrates, dzActivist, et autres de ne pas publier mes chroniques. Je ne partage avec eux aucune orientation politique ou sociale, ni aucun intérêt financier. Ils me rappellent un petit passage du film « Il était une fois la révolution » (il est sur Youtube). Ceux qui savent lire vont voir ceux qui ne savent pas lire, les bougres, les cons comme nous et leur disent : il est temps de faire le changement. Les pauvres bougres font ce sacré changement. Alors, les plus intelligents de ceux qui savent lire s’asseyent autour d’une table, ils parlent et ils mangent, ils mangent et ils parlent, et pendant tout ce temps, les bougres les cons, les pauvres, ils sont morts.

A ceux de ma race vous ne pouvez plus rien demander, c’est râpé vos manigances, vous appartenez à un passé déjà lointain. Ch…ch…, ne me parlez plus de votre révolution. Je n’aime pas votre catégorie d’intellectuels hypocrites, une espèce pire de celle des autres capitalistes qui eux, au moins, assument leur cupidité et leur amour maladif de l’exploitation. Eux sont visibles, ils nous crient franchement à haute voix - ya welat k…b antoum.

 le Condjador , Jijel,  20 avril 2012. Combat de chiens  

 La phrase du jour

« C'est l'argent qui commande dans le pays, l'argent maffieux ! » Ahmed Ouyahia, futur ex-premier ministre algérien. (Source Le Quotidien d’Oran)

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