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Publié par Saoudi Abdelaziz

La chronique du Condjador (26)

 

 

 

Les gens de missa savent toujours l'arrivée des gendarmes ou de la police à quelques minutes près. Ces gens sont liés par un code moral de fraternité et de solidarité et parfois d’intérêt. Mais  dans la missa l’intérêt de l’individu et celui du groupe sont liés.

 

L’annonce de leur arrivée, par portable, provient d’un membre de la missa ou bien d’un habitué d’une autre missa qui lance l’alerte à toutes les missa, comme dans facebook, où ça se passe par « l’ami de mon ami ». L'information rapide comme une trainée de poudre est précise. On sait prévoir quel type d’intervention, police en tenue ou agents de recherche, la marque et le nombre de véhicules utilisés.

 

 

Cette préparation chirurgicale permet de savoir s’il faut quitter les lieux, s’il ne s’agira que d’une vérification d’identité ou s’il y aura casse de bouteilles. On sait à l’avance quels sont les méchants et les sympas, les différentes brigades utilisées. Cela devient une routine. La plupart des agents sont sympas mais des fois ça tourne au vinaigre, ils s’acharnent sur les personnes qui leur parlent autrement qu’ils ne veulent.

 

 

Enfin les voilà, ils sont là ! Fouille corporelle, carte d’identité, tout le monde y passe. Ensuite on nous rassemble dans un coin près du véhicule du chef et « on lance le fichier » comme on dit. Les autres policiers ou gendarmes fouillent la forêt et les buissons à la recherche de dépôts de vin et de bière. Les agents prennent à l’écart le plus loin du groupe un membre de la missa qui leur paraît le plus faible pour obtenir des aveux sur les cachettes. Mais les Psy de la missa disent que c’est pour semer le doute entre les membres et diviser pour régner.

 

 

La vérification terminée, les autorités quittent les lieux et chacun de nous retrouve sa place pour faire le constat des lieux. Parfois les bouteilles de vin sont déversées, ou penchées sur le côté, les canettes ont disparu mais aussi les cigarettes de marque. Un jour, lors d’une descente, un ami a vu un gendarme tripoter ma moto. J’ai vérifié : rien d’anormal si ce n’est la disparition d’une clef à fourche 19 de ma boîte à outil. Quelle décadence !

 

 

Les anciens de la missa font part de leur expérience. L’un deux nous dit : « Pour certains, l’opération permet de s’approvisionner en canettes de bière pour passer agréablement les heures de service qu’il leur reste à faire. Eux qui nous donnent des leçons, ils font des économies sur le dos des «ivrognes». 

 

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