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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

La chronique du condjador (43)

 

Au port de Boudis, le sujet de conversation ce sont les nouveaux avantages dont bénéficieront les marins embarqués sur les chalutiers, notamment l’indemnité de 4 mois, pendant le « repos biologique », du 1 mai au 1 septembre. La durée de ce repos qui était de trois mois avait été prolongée d’un mois, pour éviter de pêcher des poissons blancs encore plein d’œufs. Même les armateurs vont être indemnisés, pour environ 60 million de centimes.

 

Rien pour les marins des sardiniers, pêchant au ring net. Rien pour combler le vide financier de l’automne et de l’hiver. Ces marins sont présumés travailler, mais que faire avec la météo et le manque de poissons bleus, que les multinationales  exterminent à l’ouest de l’Algérie, jusqu’ au Détroit, puisque c’est de cette région qu’ils nous arrivent à Jijel.

 

La preuve : nous sommes au printemps et la sardine qui nous arrivait de l’Atlantique pendant l’hiver (sardak) est introuvable à Jijel. Cette absence et le mauvais temps qui dure de novembre à avril, met à rude épreuve tout le monde, armateurs et marins. J’ai fait le calcul de la moyenne des payes pendant les 5 mois de travail : 16000 dinars.

 

Les marins débrouillards faisaient bien quelques tahlica à la sauvette, près des bateaux de commerce qui mouillent l’ancre sur la rade de Jijel. Là où la sawrel blanche et latcha -haron  et plus présente, à cause des lumières puissantes des bateaux. De petites rentrées d’argent pour le marin sardinier,  en attendant des jours meilleurs.

 

Pour son malheur, les autorités ont décidé que cette zone est formellement interdite aux bateaux de toutes catégories « à cause du conflit en Libye » dit-on.

 

Après la mise en place de cette zone sécuritaire, ce sera le tour de la zone protégée, une réserve marine décidée par les bureaux du ministère de l’Environnement et qui va englober le poissonneux ban des kabyles. Où vont-ils faire leur tahlica, ces marins chassés de toutes parts ? Tout sera clôturé, protégé, interdit.

 

La fameuse réserve marine servira au moins de plan d’eau pour les scooters de mer ou pour les riches touristes des grands hôtels  venus skier avec leurs hors-bords en été.

 

Le marin des sardiniers devra chercher un autre travail pour survivre à toutes ces interdictions.

Jijel, 4 avril 2012

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