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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

La chronique du Condjador (26)

 

Laissons derrière nous la ville de Jijel,  le mouvement qui l’anime et lui procure le nom de capitale de la wilaya, une ville de déversement, puis traversons la banlieue, qui a beaucoup d’efforts à faire. Vitesse et manque de temps, c’est le sentiment partagé par tous les Jijéliens, au centre ou en périphérie.

 

Je prends le bus pour la première fois  pour Chahna, Chahna-de-Beni-Afer, précisent les habitants de cette localité située à 36 kilomètre de Jijel. On s’élance sur l’autoroute Jijel-Achouat, frôlant sur la droite Tassoust et sa grande université, et de l’autre coté la mer, les champs de monoculture où poussent des légumes, de taille et de couleur identiques, le long de terrains rouges : les nouvelles semences sont très rentables...

 

Traversons Taher en mutation, dont l’entrée me rappelle celle de la ville de Constantine,  avec l’alignement des magasins de matériaux de construction.

 

Quelques minutes plus tard, le paysage de campagne reprend place : les champs de monocultures et un nombre incalculable de serres en plastique s’étendent jusqu'à l’ancienne ferme du colon Bachelot avec sa grande plaine verte.

 

Plus loin un verger d’orangers  laissé à l’abandon, des arbres malades avec leurs branches levés au ciel, demandant justice à Dieu, celle des hommes étant absente. J’apprendrais que ce paysage de désolation est dû à des conflits entre gestionnaires du patrimoine agricole récupéré après l’Indépendance. S’ils pouvaient parler ces orangers regretteraient le colon… 

 

La montée se fait raide, route est en travaux. La vue change, des oliviers partout, du chêne liège et de grandes surfaces brûlées l’été dernier et qui commencent à revivre avec les pluies d’automne.

 

Bouachir  est marquée par les oliviers du prêtre Papas,  qui les a plantés pour répondre à la  question : comment laisser mon nom dans la mémoire locale ? Un vieux lui avait conseillé  de planter des oliviers, et ses oliviers sont toujours présents, fertiles  et en parfait état.   

 

Montons vers le domaine des Beni Afer. Plus haut toujours, c’est ainsi dans cette région. Lahwat est perché sur la montagne et les ravins donnent le vertige. Les anciens d’ici disent que les habitant attachaient la courge pour quelle ne dégringole pas sur les pentes. 

 

Un quart d’heure plus tard, je suis à la mairie de Chehna. Dans les bureaux de l’état civil, une ambiance que je n’ai jamais rencontrée à l’APC de Jijel. L’attitude sympa des fonctionnaires à l’accueil, le calme, la largeur des esprits de ces Beni Afer n’existent pas dans les administrations  de Jijel. Si Dieu m’accordait un vœu,  je lui demanderais que cette convivialité de Chehna-de-Béni-Afer descende au chef lieu de la willaya.

 

On m’a donné les quatre exemplaires de l’extrait de naissance de ma grand-mère et je suis sorti admirer le panorama. Depuis la mer, le village de Chehna est caché par une montagne faisant face au sud-est. Mais, à partir de l’esplanade proche de la mairie, le visiteur est attiré par un  panorama incroyable. D’ici, le regard embrasse les montagnes, la grande plaine de Bazoul, les longues plages, avec la mer à l’infini, les bateaux de commerce jetant l’ancre au large. Et, on ne se lasse pas de contempler et de méditer.

 

 A son retour, le marin que je suis a corrigé ses idées reçues. La mer à Jijel ne doit pas seulement être admirée des hauteurs d’El-Aouana, de Mazghitane ou de Beni-Caid, il faut aussi la regarder de Chehna-de-Beni-Afer.

 

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caroline 05/03/2014 00:07

J'ai vécu à Jijel au début des années 1980. Petite ville charmante et pleine de contrastes. Ce fut une expérience intéressante et riche en souvenirs. Je suis à la recherche de personnes qui pourraient m'éclairer et me rafraichir la mémoire concernant cette période.

condjador 05/03/2014 19:18

salut: le bute avec cette chronique -mémoire jijelienne , cé de l’arquéo - numérique pour les génération d’après. envoyer moi vos questions en 1980 j'avais ( 11ans )