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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

 

La chronique du Condjador (24)

 

A Jijel, la gendarmerie multiplie les opérations de contrôle contre les missa de citoyens qui se retrouvent autour d’un pot après le travail. Ces regroupements fleurissent dans les périphéries des villes. Les habituées d’une de ces missa discrètes, contestent le bien fondé de ces mesures vexatoires. Notre missa a fait le tour de la question.

Il y aura toujours des buveurs et donc des vendeurs de vins. Pourquoi les gendarmes s’acharnent t-ils contre les missa propres, c’est à dire qui sont bien gérées et dont la clientèle est composée de gens sélectionnés qui se connaissent. Ce sont des lieux de liberté.

 

Les gérants de ces missa assurent même le transport des habitués et manifestent un grand respect pour les clients. D’autres assurent la permanence pour les takmila, tard dans la nuit mais ils n’ouvrent les portes qu’aux anciens et aux gens d’âge mur, et -d’akima- qui ont une bonne réputation.

 

Les actions sans discernement de la gendarmerie font fructifier l’autre face de ce commerce : ventes « sauvages » dans les quartiers,  livraisons sur commande par téléphone. On sait que les  buveurs isolés sont souvent des sources de danger pour eux mêmes et pour le voisinage.

 

La vérification  d’identité des présents par la police ou les gendarmes  sécurise plus les lieux et la missa se portera mieux.

 

Les missa sont toutes dans la périphérie de la ville, dans la nature, ce qui ne dérange personne. Les habitués d’une missa se connaissent, sont très solidaires. A la fin de la soirée, chacun est raccompagné à la maison, le prix du transport est partagé, personne n’est laissé seul derrière, même s’il insiste.

 

Celui qui est véhiculé et a trop poussé le bouchon, le  gérant de la missa ne le laisse pas partir. On s’arrange pour trouver un chauffeur pour le reconduire ; le motocycliste qui a trop bu est privé de sa mobylette qu’il viendra récupérer le lendemain, chez un proche ou on la lui ramène à la maison ou à son lieu de travail.

 

C’est la coutume dans les bonnes missa : l’exercice de la prostitution et les jeux d’argent  sont interdits, car ce sont les causes principales des désagréments.

 

Tout le monde vient pour passer des moments agréables, laisser derrière les longues heures de travail et de stress, se sentir en sécurité dans une missa mieux que dans un bar. Avec le sentiment partagé aussi bien par les anciens que par le nouveau que dans la missa de la périphérie, on trouve un lien social introuvable dans les villes et dans les bars de luxe.

 

L’idée que les habitués de ces missa sont des « épaves » est un mensonge. A ceux qui parlent ainsi, nous conseillons d’économiser leur souffle. On leur dit : Buvez de l’eau parce que le vin vous dévoile, on ne peut pas lui mentir.

 

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