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Publié par Saoudi Abdelaziz

La chronique du Condjador (22)

 

Les voleurs de sable sont appelés à Jijel charikate naheb a rimel, surnom gratifiant pour un secteur des plus lucratifs. De grosses fortunes ont été réalisées ces dernières années. Les voleurs de sable sont des gens organisés et solidaires. Solidaires car ils ont un problème commun : les lois sont plus dures.

 

Le long mur qui avait été construit le long de l’autoroute, entre Jijel et Achouat, avait posé pendant un temps de gros problèmes aux voleurs de sable. Pour éviter ce rempart, ils s’étaient arrangés pour passer sous les ponts, jusqu’à ce que les autorités se décident à découvrit enfin cette ruse. L’APC de Emir Abdelkader avait alors placé sous ces ponts des blocs de béton d’un mètre cube pour barrer les accès.

 

Manquant d’engins pour soulever l’obstacle ou le déplacer, et ne pouvant travailler à découvert car l’opération effectuée par le haut aurait été visible par les patrouilles, les voleurs de sable  ont trouvé une astuce des plus ingénieuses. Ils  ont creusé des trous de la taille des blocs de béton, au centimètre près, et les ont poussés dedans : la route sous le pont a été ainsi dégagée.

 

Une autre technique est utilisée : les voleurs achètent les camions les moins chers sur le marché. Le numéro de châssis est ensuite enlevé, limé, effacé. En cas d’intervention brusque des gendarmes, ils laissent tout sur place.

 

Ces jours-ci, le prix du sable de la mer a baissé de moitié. Il et actuellement à 5000 dinars. La cause : les pistes ont été multipliées car les voleurs de sable sont tous de la région et connaissent très bien la nature des terrains.

 

 

Post-scriptum 1. Le secteur du transport des marchandises et des matériaux de construction est saturé, suite au grand nombre de camions achetés dans le cadre de l’ANSEJ et de la C.N.A.C. Cela casse le monopole des anciens  transporteurs. Les nouveaux, disposant d’un crédit bancaire, la concurrence a fait chuter les prix de moitié.  De plus, les anciens camions demandaient beaucoup d’entretien et  les anciens transporteurs  ne rentraient plus dans leurs frais. Certains anciens se sont convertis en chauffeurs journaliers chargés de conduire les véhicules importés, du port de Djendjen vers Alger. Cette reconversion est très dure pour quelqu’un qui était « patron ».  Autre conséquence : pas mal de camions sont inexploités et leurs prix ont baissé sur le marché des véhicules. Une partie serait reconvertie dans le vol de sable sur les plages de l’est de la wilaya. 

 

Post scriptum 2.  Une rumeur actuellement très bien accueillie au sein de la population : c’est à la suite de la nomination d’un nouveau commissaire, qu’on a opéré des arrestations parmi les délinquants qui agissaient ouvertement et impunément. Jusqu’ici, la police de « proximité » se contentait d’enregistrer les doléances sans intervenir. Les policiers avaient-ils les mains menottées par  des ordres supérieurs ? La rumeur dit que le nouveau commissaire aurait affirmé à son arrivée : «  Dès ce moment   tout rentre dans l’ordre, les femmes pourront faire leurs courses a minuit sans aucun problème ». On dit aussi que tous les agents de recherche, hommes et femmes, qui se limitaient aux travaux de paperasse dans les commissariats ont été mis à la rue où ils ne mettaient pas les pieds. La rue était devenue le domaine réservé des délinquants et agresseurs de tous genres. Aux victimes qui venaient se plaindre au commissariat, on exigeait des témoins, le nom et même l’adresse du délinquant ! Les policiers ne se déplaçaient pas sur les lieux. Cela donne de l’assurance aux délinquants et conduit les victimes, face à l’humiliation subie de la part de petits cons, à vouloir se faire justice eux-mêmes avec l’aide d’amis ou de membres de leur famille.

 

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