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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

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La chronique du Condjador (68)

 

 

 

 

 

Pourquoi l’administration pousse-t-elle, par les voies tortueuses du découragement, les demandeurs de petits crédits CNAC à se retirer ?

 

 

 

J’ai analysé leur scénario. Au début, c’est facile, le dossier est simple et accessible. Les papiers demandés sont logiquement acceptables. Mais, à la deuxième étape, après le dépôt du dossier, dès le premier entretien avec le conseiller, on a l’impression d’avoir affaire à des extraterrestres venant d’une autre planète, ou au moins d’un autre pays. De curieux obstacles incontournables sont dressés  pour décourager les plus coriaces.

 

 

Extraterrestres ? J’ai quand même essayé de comprendre. Car si c’est  normal de faire le tri, ce n’est pas logique de décourager, par tous les moyens, les petits demandeurs de crédit alors que le gouvernement a dégagé une enveloppe globale pour financer. Cet argent, l’administration de Jijel ne le sort pas de sa poche !

 

 

 

La petite enquête que j’ai menée pendant un mois m’a conduit à une découverte : La CNAC marginalise le financement des petits projets, de 50 à 100 millions de centimes.

On sait pourtant que ces projets sont les plus productifs, leur plus grand nombre créent et diversifie la richesse. Ils diminueront le chômage et feront tourner l’économie locale. Plus que le financement de projets à des milliards attribués à une seule personne. Le petit crédit est demandé par des gens qui ne veulent que le petit coup de pouce au démarrage. Les petits crédits servent des projets qu’on peut maîtriser dans des situations où le vent change de direction. C’est aussi des crédits sûrs, les sommes à rembourser sont petites, la durée et courte ; les charges aussi sont maîtrisables.

 

 

Mais les petits crédits n’intéressent pas le monde de la corruption. On ne peut pas corrompre ce genre de petits entrepreneurs en échange de facilités  bureaucratiques : ça ne rapporte que des miettes. Et ça ne vaut pas le coup pour un fonctionnaire corrompu de se dévoiler à un grand nombre de petits entrepreneurs. Il risque gros pour rien. Au contraire, si le crédit se chiffre en milliards de centimes,  la part du gâteau est grande pour les prédateurs postés dans les banques et les bureaux des organismes cités. Avec ces gens-là la maarifa ne suffit : à chaque étape de la procédure, ils ont leurs exigences.

 

 

Cela se passe dans tous les domaines qui relient l’administration au citoyen. A Jijel, mais c’est aussi la mode dans toute l’Algérie. Des fonctionnaires sont devenus des smasriyas,  par le pouvoir que leur donne leur poste de travail. Une direction veut réparer les rideaux de fenêtres, les chaises, capitonner les portes pour l’isolation sonore ? Le gérant de cette administration donne le projet à l’artisan qui, en contrepartie, doit lui faire les mêmes travaux chez lui à la maison, gratuitement. Et on peut multiplier les exemples.

 

 

Ces smasriyas au sein des banques et des organismes qui décident des crédits ne font que dans le gros. Les petits demandeurs sont classés comme pauvres malheureux, les prédateurs n’ont n’a rien à leur prendre sur un crédit de 100 millions de centimes. Ils ne s’intéressent qu’aux gros poissons.  

 

 

Je ne les lâcherais jamais. Le crédit CNAC, c’est un droit pour les plus de 35 ans, non affiliés à la CASNOS ou à la CNAS.

 

 

Jijel, le 25 novembre 2012

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