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Publié par Saoudi Abdelaziz

La Chronique du Condjador (57)

 

Les gens reprochent à l’armée de provoquer chaque année la propagation du feu dans la région de Jijel. Des habitants font le rapprochement avec les derniers évènements sécuritaires de Texenna, après l'embuscade dont a été victime une escorte de gendarmes avec des ouvriers du barrage.

 

D’autres, vivant sur les hauteurs de Jijel, aux environs des Twalbia, reprochent aux militaires l’incompétence dans la façon d’allumer les feux, sans faire de mal à personne et sans créer cette atmosphère étouffante qui règne sur la ville de Jijel. Et comme les locaux disent, ils allument aussi du feu pour dégager plus de terrain dans la mechta de Bir El Ghafch, chez les tribus de Akemayah, sur les hauteurs de Jijel. Selon les habitants, ils veulent dégager une grande superficie pour construire une caserne militaire.

 

Pour ces « ruraux », la gestion du feu demande toute une stratégie : pendant le printemps, ils font des couloirs dans les forêts pour isoler le feu et limiter sa propagation ; en été, ils brûlent, mais par petites parcelles, tout au long de la saison. Les ruraux envient l’armée pour son matériel : elle dispose de deux buldozers, en plus de celui de l’APC. Les ruraux font donc appel à des connaissances traditionnelles et à une longue expérience, mais ils aimeraient bien bénéficier de l’apport de ces engins dont l’armée, l’APC et les gardes forestiers sont avares. A moins qu’ils aient tout simplement les mains liées par les procédures administratives.

 

J’ai assisté à l’intervention des pompiers à Mezghitane. Les pauvres agents sont arrivés lorsque le feu s’était éteint de lui-même, mais ils ont quand même fait leur boulot en arrosant les dernières fumées. Les paysans détournent les lois et la vigilance des gardes forestiers par des astuces, pour agrandir les terrains limitrophes appartenant au domaine forestier et communal : ils disposeront alors de l’herbe en abondance pour leur bétail, leurs terrains privés ne leur suffisent plus. La région de Béni-Caïd se distingue par ses oliviers et l’élevage des vaches laitières, deux activités adaptées à la nature d’ici et que l’administration a toujours négligé. Elle s’entête dans cette négligence, dans ce domaine comme dans d’autres tout simplement parce que les décideurs à Jijel viennent des autres wilayas. Ils ignorent notre culture et notre façon de faire, notre façon de voir les choses, tout simplement, comment sa marche à la jijélienne.

 

 

Post-scriptum

 

Les bouchers préfèrent Taher

 

Il existe deux abattoirs, l’un à Jijel ville, l’autre à Taher. Les artisans bouchers amènent leur bétail à l’abattoir de Taher où ils profitent de la grande « souplesse » que leur offre le vétérinaire. Au dépend de la santé publique, car la règlementation et les consignes de santé son bafoués largement : des bêtes sont abattues et certifiées bonnes pour la consommation, même lorsqu'elles sont sous médicaments. Les « parties nobles », (comme on aime appeler le foie), même malades ne sont pas jetées, le vétérinaire ne fait que couper le morceau nécrosé. Les bouchers reprochent au vétérinaire de l’abattoir de Jijel d’être trop sévère dans ses diagnostics, et vont à Taher, où l’on abat 200 bêtes par jour contre 40 à Jijel.

 

 

Adieu ma moto !

 

Les voleurs de motos à Jijel, comme dans les autres willayas, contournent la loi, en achetant avec facture un autre cadre, c'est-à-dire une carcasse de moto neuve avec un numéro de série. Ils lui ajoutent toutes les autres parties de la moto volée (moteur, roues et accessoires). Cette nouvelle moto est revendue le plus normalement du monde, avec tous les papiers règlementaires. Ce n’est plus comme avant lorsque le voleur idiot est attrapé au premier barrage de police. Aujourd’hui, les voitures et les motos volées se vendent en pièces détachées. Les petits et les grands voleurs on évolué, mais est-ce que notre police est à jour avec ces nouvelles méthodes ? Je ne crois pas. En tout cas, je n’espère plus retrouver la moto qu’on m’a volé.

 

Le Condjador, 4 août 2012. Jijel

 

Lien : Jijeldirect-overblog,

 

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