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Publié par Saoudi Abdelaziz

Stratèges en chambre ou sur la croisette

 

Attali et BHL s’en vont en guerre

 

Par Philippe Leymarie

 

Le petit club des penseurs-stratèges et des intellectuels se prenant pour des chefs d’état-major s’élargit à mesure que s’aggrave la crise syrienne : à l’instar de Bernard-Henri Levy, auto-auréolé de son épopée libyenne, qui a enjoint ces jours-ci le nouveau pouvoir français de « dépasser le véto sino-russe au Conseil de sécurité » en envisageant une opération armée sans l’aval de l’ONU contre le régime de Bachar El Assad, voici qu’une autre grande conscience, un autre « sémaphore de la pensée », Jacques Attali, préconise tranquillement une intervention de l’OTAN… au Sahel, « avant que l’équivalent du 11 septembre 2001 ne vienne l’imposer ».

Sur son blog de l’Express, Attali rappelle que le Mali est aujourd’hui un pays coupé en deux : « au Sud, un gouvernement provisoire terrorisé par des militaires qui parcourent les rues, envahissent les palais nationaux et menacent les passagers aux aéroports. Au Nord, un territoire très vaste et magnifique, disputé par les terroristes de l’AQMI et des indépendantistes laïcs targuis, qui viennent de s’unir à des islamistes maliens, proclamant l’indépendance d’un “Etat Islamique de l’Azawad” ».

Ce pays, « qui pourrait paraître sans importance, perdu au milieu de nulle part, sans ressources naturelles ni population », constitue en réalité « un problème qui pourrait devenir beaucoup plus important pour notre sécurité que ne l’est l’Afghanistan », estime notre analyste, qui craint que le Mali ne devienne « le point de rencontre de forces maléfiques venues du monde entier ». Comme en Colombie, explique-t-il, « on assiste à une collusion entre narcotrafiquants et militants politiques extrémistes. Avec, cette fois, en plus, un fondamentalisme religieux ».

 

Terroristes et kamikazes

 

Autre donnée du « problème » : cette sécession malienne peut déstabiliser tous les autres pays de la région, laquelle risque de devenir une base arrière de formation de « terroristes et de kamikazes qui viendront s’attaquer aux intérêts occidentaux un peu partout dans la région, et même, par de multiples moyens de passage, en Europe ».

« Ils ne sont encore que quelques centaines ; si rien n’est fait, ils seront bientôt plusieurs milliers, venus du Pakistan, d’Indonésie et d’Amérique Latine. Et les gisements d’uranium du Niger, essentiels à la France, ne sont pas loin », poursuit le général Attali.

Solutions préconisées : soutenir le gouvernement au sud du Mali, et lancer au nord « une action militaire sur le terrain, avec un appui logistique à distance, des moyens d’observation, des drones et une capacité d’encadrement stratégique ». Et le stratège de conclure : « il sera bientôt nécessaire de réfléchir à mettre en place une coalition du type de celle qui a fonctionné en Afghanistan » (…)

 

 

Philippe Leymarie, 5 juin 2012. Texte intégral : Défense en ligne

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