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Publié par Saoudi Abdelaziz

La grève de la faim des travailleurs de Cevital-Béjaïa se poursuit et la solidarité s’élargit. Ce conflit révèle que « les syndicats sont toujours inexistants dans les entreprises de M. Rebrab, comme dans la plupart des entreprises privées algériennes, dans lesquelles domine traditionnellement une hostilité marquée au syndicalisme », écrit Aïssa Bouziane, dans Maghreb Emergent, le premier journal économique électronique du Maghreb. Plus à l’ouest toujours sur la côte méditerranéenne, à Boumerdès, «le front social est en ébullition », écrit M. Aït Ali dans Le Temps d’Algérie.

 

 

Le conflit à Cevital Béjaïa s’enlise et menace de dégénérer

 

Par Aïssa Bouziane

 

 

Le conflit à Cevital Bejaïa s’enlise. Entamé en janvier, avec des rebondissements en mars et en avril, le conflit risque de dégénérer cette semaine, avec un rassemblement auquel appelle un comité de solidarité avec les grévistes pour mardi prochain devant le siège de Cevital. L’homme d’affaires Issaad Rebrab, propriétaire de Cevital, ne sait visiblement comment désamorcer cette crise.

 

Le bras de fer se poursuit à Cevital Béjaïa. Un comité de solidarité avec les grévistes de la faim a lancé un appel pour un rassemblement, mardi prochain, devant le siège de l’entreprise à Béjaïa, qui appartient à l’homme d’affaires algérien Issad Rebrab pour appuyer les grévistes.

 

Initié par une formation d’extrême gauche, le Parti Socialiste des Travailleurs (PST), et soutenu par d’autres formations de la même tendance, le comité appelle partis politiques, syndicats, travailleurs, étudiants, chômeurs, membres d’associations diverses et simples citoyens à participer au rassemblement. Le comité veut « exiger la réintégration des travailleurs licenciés », qui observent une grève de la faim devant le siège de l’entreprise.

 

Les négociations entre grévistes et direction de Cevital ont avancé par à-coups, avant de buter sur la revendication concernant la création d’une section syndicale au sein de Cevital, à laquelle s’oppose la direction de l’entreprise, selon les grévistes. La crise avait connu plusieurs moments forts en janvier, mars et avril, avant que les deux parties n’en arrivent à une situation de blocage.

 

Vingt sept travailleurs avaient été alors licenciés. Dix ont été ensuite repris dans le cadre d’une initiative que la direction présentait comme mesure de clémence, un autre reste en instance, attendant que la direction se prononce sur son sort, et seize autres ont vu leur licenciement confirmé. L’entreprise leur a proposé un dédommagement s’ils abandonnent les poursuites, selon le comité de solidarité, ce que les seize grévistes ont refusé, allant vers la confrontation et décidant d’engager une grève de la faim pour alerter l’opinion.

 

 

L’image de Rebrab écornée

 

 

Bien qu’il n’entrave pas la production de sucre, d’huile et de margarine à l’entreprise Cevital de Béjaïa, le mouvement de protestation risque d’écorner l’image de marque de l’homme d’affaires Issaad Rebrab, considéré comme la première fortune d’Algérie. En plus de Cevital, il est en effet représentant de Hunday et de Samsung en Algérie, et possède Metal Sider, l’entreprise grâce à laquelle il a bâti sa fortune, ainsi que le quotidien Liberté et d’une chaine de supermarchés « Uno ».

 

Les entreprises d’Issaad Rebrab génèrent un chiffre d’affaire qui dépasse trois milliards de dollars. Mais lui-même a toujours donné de lui-même l’image d’un self-made man consensuel, sans aspérités, évitant systématiquement les conflits et les affaires qui le mettent trop en lumière.

 

Ce conflit, dans lequel il n’a pas tranché rapidement, nuit à son image de marque. Il révèle aussi que les syndicats sont toujours inexistants dans les entreprises de M. Rebrab, comme dans la plupart des entreprises privées algériennes, dans lesquelles domine traditionnellement une hostilité marquée au syndicalisme.

 

Aïssa Bouziane, 14 mai 2012. Maghreb Emergent  



Le Front social en ébullition

 

Par M. Aït Ali

 

Le front social s'agite depuis plusieurs jours dans la wilaya de Boumerdès. Quelques jours seulement après avoir fêté leur journée mondiale, plusieurs travailleurs protestent et se révoltent contre les conditions de travail, jugées catastrophiques, et la dégradation de leur cadre de vie notamment par la cherté de la vie et la régression du pouvoir d'achat.

 

Hier, c'était le tour des travailleurs des œuvres universitaires qui se sont révoltés en enclenchant un mouvement de grève de trois jours pour réclamer l'augmentation des salaires et une prime pour ceux qui partent en retraite. Les salaires des travailleurs des cités universitaires ne sont plus en mesure de répondre à leurs besoins et ceux de leurs familles, surtout lorsqu'on sait que plusieurs d'entres eux perçoivent un salaire qui ne dépasse même pas le Smig. Ils revendiquent également l'intégration des travailleurs contractuels assurant des tâches difficiles au niveau des cités et résidences universitaires.

 

Les protestataires réclament, également, la promotion et l'ouverture de carrières et ce, sans passer par les concours de recrutement, mais en se basant sur le critère de l’ancienneté. Une prime de 25% est réclamée ainsi par les travailleurs avec effet rétroactif depuis l'année 2008. Les travailleurs des CU sont déterminés, par ailleurs, à inscrire leur mouvement dans la durée et de recourir aux autres formes de protestation au cas où les pouvoirs public ne satisferaient pas leurs revendications, indique-t-on.

 

Par ailleurs, les travailleurs de la Société de miroiterie et verre technique (Somiver) de Thénia, poursuivent, pour la deuxième semaine, leur mouvement de grève enclenché le 2 mai dernier, pour protester contre la situation dans laquelle est plongée leur société. Cette situation a été rendue possible, selon les travailleurs, par la mauvaise gestion de son directeur depuis 2007. De ce fait, les protestataires réclament son départ pur et simple et exigent des pouvoirs publics la suspension d'un plan d'assainissement de l'entreprise qui avoisine la somme des 40 milliards de centimes.

 

Il est à noter que cette gestion, jugée par les travailleurs de catastrophique, a coûté à l'entreprise un préjudice financier important notamment en ce qui concerne le chiffre d'affaires qui a baissé de 70% en cinq ans. Signalons, par ailleurs, qu'une décision de justice est attendue dans les prochains jours et ce, suite à la demande d'un avocat des travailleurs de la reporter afin d'étudier le dossier. La direction de la société avait, faut-il le rappeler, lancé dernièrement des procédures judiciaires pour faire la pression sur les travailleurs afin de bloquer leur mouvement de grève.

 

 

M. Aït Ali, 14 mai 2012. Le Temps d’Algérie

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