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Publié par Saoudi Abdelaziz

 
индонезия рабочие протест
Coup sur coup, après la puissante grève, le 20 septembre dernier, des salariés indiens, ce sont des millions d'ouvriers indonésiens qui se sont mis en grève, en Indonésie, le 3 octobre. Plus de 2,8 millions d'ouvriers de quelque 700 entreprises et 80 groupes industriels de 24 villes indonésiennes se sont mis en grève, dénombre le quotidien Jakarta Post. Les ouvriers réclament une hausse des salaires et la suppression des contrats d'embauche de travailleurs intérimaires. Les organisateurs de la grève exigent que les autorités reviennent sur la loi permettant aux entreprises d'engager des ouvriers intérimaires pour des contrats d'un an, sans avantages sociaux.Comptes-rendus:

  
L'Indonésie frappée par un gigantesque mouvement de grève
 
Plus de deux millions d'ouvriers d'usines indonésiennes étaient encore en grève, hier soir, pour réclamer une hausse des salaires et la mise en place d'un meilleur système de protection sociale.
 
Dans plusieurs centres industriels du pays, des manifestations non violentes ont été organisées par les grands syndicats et notamment par la Confédération du syndicat des travailleurs indonésiens, qui réclame, elle, une révision de la loi permettant aux entreprises d'engager des ouvriers intérimaires sur des contrats d'un an, ne prévoyant pas d'avantages sociaux.
 
Dans une décision de janvier, la Cour constitutionnelle indonésienne avait considéré que cette disposition était inconstitutionelle et qu'elle violait les droits des travailleurs. Pourtant, cette pratique reste courante dans les usines du pays qui chercheraient, avec ces ouvriers temporaires, à compenser le coût du travail de leurs salariés permanents. Les groupes affirment que les salaires versés dans le pays sont déjà bien supérieurs à ceux pratiqués dans d'autres nations d'Asie du Sud-Est et notamment au Bangladesh.
Embarrassé, le gouvernement hésite pour le moment à se positionner dans ce débat qui va peser sur les élections présidentielles de 2014. Les syndicats se sont dits prêts à mobiliser 10 millions de grévistes début 2013, si leurs revendications n'étaient pas rapidement prises en compte par Jakarta.
 
 

 

 

Grève historique en Indonésie

 

 

 

(...) Le secrétaire de la Confédération des syndicats indonésiens Yonis Raweyai a formulé les revendications des grévistes autour de trois axes : hausse du salaire minimum ; assurance sociale et sécurité sociale pour tous les travailleurs ; et révision de la loi qui permet aux entreprises privées d'embaucher des travailleurs précaires sur des contrats de un an sans aucun droit social.

 

« Nous mettons en garde le gouvernement : nous pouvons continuer à faire des dégâts à l'économie du pays, si on continue d'ignorer nos trois revendications principales », a souligné le responsable de la Fédération des métallurgistes indonésiens Said Iqbal.

 

Les syndicalistes indonésiens dénoncent depuis des années la pratique du travail intérimaire comme un système d'exploitation illégal, privant les travailleurs de tous leurs droits, à la retraite ou à la sécurité sociale entre autres.

 

« Les travailleurs précaires n'ont aucun droit », s'indigne un autre dirigeant de la Fédération des métallurgistes indonésiens Ridwan Pandjaitan.

 

Plus de 200 000 travailleurs ont défilé depuis Bekasi, dans la banlieue de Djakarta, jusqu'au centre-ville de la capitale brandissant des drapeaux rouges sous le mot d'ordre : « Travailleurs unissons-nous. Nous ne pouvons pas être vaincus ».

 

La manifestation était encadrée par plus de 10 000 agents de police et 4 000 militaires.

 

Les forces de police ont reconnu la présence dans la manifestation de plusieurs centaines de milliers de travailleurs, ainsi que la fermeture de 700 entreprises, de 80 complexes industriels autour de la capitale.

 

Il est nécessaire de rappeler que le salaire moyen d'un ouvrier en Indonésie équivaut à un peu moins de 150 euros par mois, dans un pays qui compte encore 30 millions de pauvres.

 

L'économie indonésienne s'appuie encore sur le cadre fixé par la dictature de Suharto dans les années 1970 et 1980, avec une libéralisation de l'économie indonésienne, un nivellement vers le bas des conditions de travail et des droits sociaux censé attirer les capitaux étrangers.

 

65% des travailleurs salariés indonésiens sont employés en contrat précaire selon les chiffres de l'OIT. Les droits syndicaux sont fortement limités dans la pratique : le droit de grève est conditionné à l'aval du patron, tandis qu'il est strictement interdit dans la fonction publique.

 

L'Indonésie, avec sa législation laxiste envers les capitaux étrangers, a pu attirer de grandes multi-nationales de l'industrie textile, ou encore électronique dans ses « zones franches industrielles », équivalent des ZES chinoises.

 

Les grands groupes de chaussures de sport, tels Nike ou Adidas, sont ainsi régulièrement dénoncés par les associations de défense des droits du travail pour leurs pratiques d'exploitation, et leur recours massif au travail des enfants.

 

 

 

Sources : Morning Star, Financial Times, BBC, Asia Times
 
 
 
DR-Djakarta, mercredi dernier
 
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