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Publié par Saoudi Abdelaziz

La chronique du Condjador (17)

Mardi soir, la météo avait annoncé la pluie. Ce fut comme un signal pour tous les gens du Rif. Les paysans ont allumé leurs feux, seul moyen dont ils disposent pour agrandir leurs pâturages ou en gagner des nouveaux. La pluie annoncée, c’était comme une garanti que le feu s’éteindra à temps et que la destruction ne touchera pas les autres biens, ou ceux des voisins, ni les ruches d’abeilles nombreuses en forêt, ni les oliviers.  

La seule cause de la propagation des incendies c’est la fausse information météo donnée par la chaîne algérienne. Les gens du Rif ont une science sûre de la propagation des flammes. Le bulletin météo  a faussé tous leurs calculs. Il explique  qu’à l’annonce de la pluie prochaine, le feu s’est déclaré en même temps dans toutes les localités de Jijel.

Jeudi après-midi, près de mon lopin de Beni-Caïd, je regardais les pompiers chercher leur route sur les terres des Soualihiya (Bensouilah). Le feu a remonté depuis les Adjaymiya (Benadjimi),  il a continué dans la terre des Ouled Ben Ali avant d'arriver aux Toualbia.

Je le voyais ensuite changer de direction. A Boughdir, rien. J’aurais pourtant aimé avoir le feu chez moi, il m’aurait aidé énormément à débroussailler le terrain. Un gain d’argent et de temps !

 Comme tous les gens qui voudraient exploiter leurs terrains sans disposer de moyens financiers,  je n'arrive pas encore à comprendre pourquoi les gardes forestiers ne veulent pas nous aider, avec leurs buldozers, à défricher les terrains. En mars, l’Etat donne  des plants d’oliviers et un kilo d’engrais par arbre. On peut en planter beaucoup  et travailler davantage la terre.

Mais, c’est la surface défrichée qui donne la volonté de labourer et de planter plus, et comme je le souhaite pour ma part, de vivre de cette activité. Une chose entraînant l’autre, on peut aussi faire de l’élevage.

 Ce qui met le plus en colère, ce sont les buldozers militaires. Ils passent sur nos terrains, sans s’arrêter, avec leurs cabines blindées. Il suffit qu’ils fassent un petit arrêt d’une heure pour faire le bonheur de ces Algériens Jijéliens, qui tiennent  et qui n’ont peur de personne pour retrouver leurs terres ancestrales.

On nait à genou sur une terre à l’abandon. Même avec son propre potager on peut faire la grandeur de ce pays. Pourquoi les gardes forestiers sont-ils avares dans la location de leurs engins ? Ces aides mécaniques sont-elles réservées, comme le prétend la Direction des forêts, aux steppes et aux déserts et « Jijel ne figure pas sur la liste » ?

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