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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

 

 

 

 

"Le centre vivant d'Alger est devenu ainsi pendant des années le triste révélateur de la perte d'un art de vivre. Il se passe quelque chose à Alger, disait-on. Il fallait donc aller, le soir, pour vérifier que ce ne sont pas des paroles en l'air. La ville semble en effet renaître"

 

 

 

Alger-Centre retrouve la joie de vivre

 

La vie nocturne de retour

 

 

Par

 

 

Des dizaines de familles ont sillonné, vendredi soir, les boulevards d'Alger-Centre à la recherche de la détente nocturne.

Commençant l'itinéraire depuis le stade Ouaguenouni en passant par le boulevard Krim-Belkacem, le Sacré-Coeur, la rue Didouche-Mourad avant d'arriver à la Grande-Poste, Alger-Centre, pas moins de 16 associations sportives et comités de quartiers d'Alger-Centre ont lancé l'opération «Alger, vie nocturne». L'action qui va dans le sens de l'animation culturelle et artistique s'étalera durant toute l'année.

 «A l'instar de toutes les capitales du monde, nous voulons réactiver l'animation culturelle et artistique, d'une part, et effacer les séquelles de la tragédie nationale qui a traumatisé les esprits durant longtemps, d'autre part», a affirmé, Abdelhakim Bettache, président de l'APC d'Alger-Centre. Tenant compte de l'importance de cette première action qui rappelle le Festival panafricain de 1969, selon de nombreuses familles et citoyens qui ont assisté à cet événement à l'époque, Alger-Centre a rassemblé une moyenne de 500 enfants à commencer par des Scouts Musulmans de la wilaya d'Alger qui ont fait une bonne animation digne des grandes capitales du monde. «Cela fait plus de 20 ans que l'on n'a pas assisté à une telle action qui redonne confiance et la joie de la vie nocturne», a souligné Mohamed Gasmi, 55 ans, accompagné de sa famille à la place Audin, au moment du passage du grand cortège, des bambins de la capitale étaient heureux de sortir à cette occasion et à une telle heure de la nuit. De son côté, Mme Mounira B, 38 ans n'a pas manqué de relever l'importance de l'animation culturelle et artistique à Alger-Centre qui a perdu son charme de la vie nocturne depuis des décennies. «C'est une très bonne chose que les familles algéroises puissent sortirent en confiance et profiter de l'animation nocturne comme c'est le cas dans d'autres villes du pays», a-t-elle indiqué.

 

 

L'action s'étalera durant toute l'année

 

 

Flambeaux, zorna, danse traditionnelle, des centaines d'enfants et adultes, drapeaux à la main marchent et chantent l'amour du pays, le respect de la mémoire des martyrs, avec des sourires et la joie qui se lisait sur leurs visages. Du coup, les affres du terrorisme et le souvenir de la tragédie nationale qui a marqué le pays s'effacent des mémoires.

Des dizaines de familles avec leurs enfants sont sortis dès 21h afin de savourer des moments de détente. Les éléments de la Sûreté nationale, quant à eux, en tenue civile, ont été déployés dans tous les quartiers d'Alger. «La sécurité concerne tout le monde, à commencer par le sens du civisme et la dénonciation de toute agression et violences qui portent atteinte à la quiétude des citoyens», a souligné Arezki H., âgé d'environ 60 ans.

 

lexpressiondz.com

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il se passe quelque chose

 

Par M.Saadoune

 

 

Il se passe «quelque chose» à Alger. C'est avec scepticisme que l'on entend ce refrain depuis quelques semaines. Il ne s'agit pas de politique bien entendu. On sait tous, d'Alger à Tamanrasset, qu'en politique tout est figé depuis un «certain temps» et pour un temps incertain, selon la délicieuse précision d'un comique français. S'il se passe quelque chose en ce domaine, c'est comme d'habitude en secret ou dans quelques salons où l'on «décide».

Ce quelque chose est plus concret, n'est pas caché, mais on a tendance à ne pas le voir par habitude du désenchantement. Il se rapporte au «centre-ville» historique d'Alger ou, pour faire court, les rues Didouche, Ben Mhidi et les environs. Deux grandes avenues où pas mal de rêves, de projets, de certitudes et d'illusions révolutionnaires ont déambulé, flâné et habité pleins d'esprits. C'était, dans les années soixante, soixante-dix et même un peu dans les années 80, un espace limité où l'on pensait grave, sérieux ou léger, très léger. On s'y croisait, on y mangeait et buvait, on dévorait des bouquins qu'on discutait sans fin. Et bien entendu, on y faisait aussi du shopping, on allait au cinéma. On y avait même des ciné-clubs où l'on a vu les meilleurs films du monde. Voilà, Alger n'était pas libre, il y avait un parti unique, une police politique, mais son centre-ville avait du charme. On «descendait» ou «on montait» à Alger, que l'on soit sérieux ou insouciant.

Ce centre a commencé à s'affadir dans le milieu des années 80 et il est devenu dans les années 90 le reflet triste du pays. On le quitte avant le coucher du soleil. Ceux qui reviennent d'ailleurs et qui l'ont connu si intéressant s'étonnaient de le voir si vide. Ce centre a été presque abandonné. Dans l'Algérie «riche» de cette dernière décennie, les gens friqués et les nouveaux riches ont créé leur «centres» à eux, des coins bling-bling sans aucune histoire et en général moches. Pas de quoi faire oublier le vrai centre qui est passé du délaissement à un climat glauque où l'on n'ose pas se risquer le soir. Le centre vivant d'Alger est devenu ainsi pendant des années le triste révélateur de la perte d'un art de vivre. Il se passe quelque chose à Alger, disait-on. Il fallait donc aller, le soir, pour vérifier que ce ne sont pas des paroles en l'air. La ville semble en effet renaître, les terrasses de cafés sont ouvertes, de nouvelles apparaissent. Il y a même, grande nouveauté, un café-théâtre qui s'est ouvert et où des groupes de jeunes musiciens passent gratter leurs instruments dans un climat gai. C'est à côté d'un escalier transformé au fil des années en vespasienne et qu'on est surpris de trouver propre.

Les murs aveugles pourraient d'ailleurs être «traités» par les jeunes des beaux-arts, histoire d'accompagner cette tentative de ramener la gaieté dans une ville devenue triste et ennuyeuse. Il faudrait que le métro se mette au diapason et cesse de fermer à 23 heures pour qu'on ait l'amorce d'une renaissance du centre-ville. C'est déjà bien. En attendant que la Promenade des Sablettes soit prête, Alger se redonne un centre. Il reste à vérifier que la vie va y revenir durablement. Et pas seulement durant les soirées du ramadhan.

lequotidien-oran.com

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