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Publié par Saoudi Abdelaziz

L'indifférence plébéienne à l‘égard des appels à la participation ou au boycott, ne reflètent pas un « désintérêt de la chose publique ». Elle exprime d’abord  une vigilance calculée. La  conscience populaire rejette en bloc les manigances politiques des uns et des autres.

 

Depuis sa naissance, par référendum, en novembre 1988, l’avorton démocratique n’a pas grandi. C’est normal car c’est dans sa nature d'avorton. Les formations politiques et les individus qui le maintiennent en vie, sont perçus comme des candidats au partage de la rente, par pouvoir d’utilisation des fonds publics et des prébendes, pouvoir décentralisé et ramifié qui dépend de l’allégeance à l’une ou l’autre des familles. C’est comme ça que les Algériens ordinaires vivent la « chose politique ».

 

Cette vigilance a été progressivement forgée dans l’expérience calamiteuse des trente dernières années. Et  non pas depuis 50 ans, comme le susurrent les penseurs de la nostalgie coloniale. Elle a été inaugurée au début des années 80, lorsque Chadli Bendjedid, brandissant ananas, bananes et « allocations de devises », a ouvert l’ère des importateurs. Ces Trente glorieuses ont d’abord pris la couleur rose de la « vie meilleure », puis passeront à la couleur noire et se poursuivent dans l’Algérie « reconciliée », détruisant année après année les défenses naturelles de la souveraineté populaire sans lesquelles aucun développement national n’est possible.

 

Les Algériens voient ce qui se passe : « la politique » a été l’instrument de l’accumulation féroce du capital, sans que cet argent accumulé ne soit réinjecté dans l’activité productive nationale qui en assurerait la reproduction élargie. L’infitah a créée la Chkara sur le sol national et à irrigué en devises les économies occidentales, russes ou chinoise. Pour tenir en laisse les Algériens ordinaires, elle a institutionnalisé une bureaucratie haggara. Contrairement à ce certains croient, la Cia a tout a tout à fait intérêt à nous laisser dans ce merdier.

 

Comme on le sait tous, il faudra un grand coup de rein pour sortir du bourbier. Comment ? Les Algériens doivent sans doute y penser dans les innombrables missas de la pensée populaire, inaccessibles aux manipulations. Quant aux pauvres blogueurs, ils doivent économiser leur salive, car il leur faudra un jour cracher dans les mains , lorsque l’assemblée nationale des missas ourdira  la levée des écluses de l’Histoire.

Cette chronique fait office de carnet de campagne n°30

 

Saoudi Abdelaziz, 22 avril 2012

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