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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

  

 

 

Les quotidiens algérois continuent de suivre avec attention la résistance des habitants du quartier du Bois des pins de Hydra où, sous couvert d’aménagement urbain, est menée une véritable offensive d’éviction sociale, appuyée par la police, contre la partie populaire de cette localité où privilégiés du régime, affairistes et diplomates tiennent le haut du pavé. Nous présentons in extenso quelques articles publiés aujourd’hui en une.

 

LIBERTE

Affrontement hier à la cité Bois-des-Pins, Hydra

Quatre personnes interpelées

Les habitants de la cité Bois-des-Pins, Hydra, ne sont prêts à se remettre de leur cauchemar qui hante leur quotidien. Hier encore, tôt le matin, vers 6h30, des affrontements ont eu lieu et ont duré jusqu'à la fin de la matinée. Au bout de quelques heures, le quartier s’est transformé en un véritable champ de bataille. Selon les témoignages des citoyens, la police a fait usage de gaz lacrymogène et de balles en caoutchouc. Bilan : 4 arrestations et une vingtaine de blessés du côté des citoyens. “On est en guerre et on ne sait pas ce qu’ils (les policiers) veulent. Nous sommes dans un État de non-droit et personne ne se soucie de ce qui se passe ici”, déclarent plusieurs locataires de cette cité. Il est 12h, tapantes, les éléments de NetCom de l’APC d’Hydra s’activent à déblayer les gravas qui jonchent le sol. L’immeuble G de la cité était encore assiégé par les policiers et la brigade anti-émeute qui ont occupé le couloir et la terrasse ainsi que les cages d’escaliers.
Portes d’entrée fracassées, vitres brisées, briques, balles en caoutchouc, douilles et autres projectiles traînent encore sur les lieux. La peur se lisait dans les yeux des habitants de cet immeuble dont les demeures ont été “violées”. “Lorsqu’on s’introduit chez les gens à 6h30 du matin, sans mandat de perquisition, qu’on se fait malmener et qu’on nous menace d’embarquer tout le monde, il s’agit de violation de domicile et d’abus de pouvoir”, s’indigne une dame. Sa voisine en colère, s’écrie : “C’est la deuxième fois qu’on défonce ma porte d’entrée pourtant nous ne sommes que des femmes qui vivons ici. Ils ont osé nous appeler par nos noms une par une et ils nous ont menacé de nous embarquer. On ne comprend rien à ce qui se passe, ils disent en vouloir aux meneurs pourtant et ils attaquent les femmes.” Selon les témoignages, les policiers ont d’abord cassé l’œil de bœuf des portes d’entrée avant de les défoncer à coup de bélier. Le domicile de M. Mehani Abdelgahani, interpellé jeudi dernier, dont le dossier devait être étudié hier au tribunal correctionnel de Bir-Mourad-Raïs, a été défoncé alors qu’il était vide. Les compteurs d’électricité, les cages d’ascenseurs et les boîtes aux lettres ont été complètement saccagés. Même le courrier des locataires a été déchiré. “On nous a insultés et ils ont fait des gestes dont la pudeur m’empêche de relater”, s’irrite une autre dame. Les habitants de la cité Bois-des-Pins se battent depuis début juillet dernier contre le saccage d’un espace vert dont des arbres centenaires ont été abattus pour les besoins de la construction d’un parking. 

Nabila Afroun

 

LE QUOTIDIEN D’ORAN

Bois des Pins: Début des travaux sous haute surveillance

 

Les habitants de la cité des Bois des Pins se sont réveillés hier en découvrant un important dispositif des services de sécurité (policiers et gendarmes) qui avait été déployé dans la cité dès 6 heures du matin. La tension est montée d'un cran dès l'apparition d'un groupe de jeunes. Ces derniers ont tenté de manifester leur colère. Les éléments de la brigade antiémeute ont ciblé certains appartements dont les portes ont été fracassées. Effrayées, des familles dont les portes des appartements ont été fracassées se sont regroupées chez leurs voisins. «On est loin d'imaginer qu'il s'agit juste d'une petite parcelle servant à un projet de parking» nous dira un habitant de la cité en colère. Un autre enchaine : «je ne comprends toujours pas l'attitude des services de sécurité, ceux qui sont censés nous protéger s'acharnent contre nous». Les familles qui devaient s'occuper des préparatifs du f'tour, ont passé la journée sur le qui-vive craignant que la situation dégénère. Une mère de famille qui a préféré mettre ses filles chez les voisins et que nous avons contacté vers les coups de 15 heures, nous a indiqué que «les habitations de la cité sont toujours encerclés par les services de sécurité». Elle affirme craindre des dérapages et ne cache pas ses appréhensions. «J'avoue qu'on a vraiment peur», précise-t-elle. Les services de sécurité se sont déployés en masse avant l'arrivée des travailleurs qui devaient poursuivre les travaux de déracinement d'arbres et de déblayage. «Ils sont arrivés à 9 heures, trois heures après l'arrivée des services de sécurité», nous indique-t-on. L'image est frappante, des arbres centenaires coupés, une parcelle sans vie et des ruissellements d'égout sur le terrain rasé, tout cela à la place d'une petite forêt de pins qui existait depuis 1958. Les habitants de la cité continuent à s'interroger : «pourquoi la wilaya accélère le rythme des travaux alors que l'affaire est en justice ?»

M. Aziza

 

 

 

EL WATAN

 

Affrontements entre policiers et riverains : Cinq blessés au Bois des Pins

 

Au moins cinq blessés ont été enregistrés hier, lors d’affrontements entre les forces de l’ordre et les habitants de la cité Bois des Pins, à Hydra, sur les hauteurs d’Alger.

En début de matinée, les résidents ont été surpris par la présence inhabituelle d’un grand nombre de policiers antiémeute qui encadraient rigoureusement le quartier. Et pour cause.
Des engins excavateurs ont commencé, très tôt le matin, à déblayer le terrain qui va servir à la construction d’un centre commercial et d’un parking à étages, dont on ignore d’ailleurs les promoteurs. L’assiette foncière réservée à l’édifice en question se trouve dans les entrailles mêmes de la cité, qui plus est à l’emplacement d’une forêt centenaire. Cette mainmise sur un des rares patrimoines forestiers de la capitale encore debout a soulevé une vive contestation de la part des habitants du Bois des Pins, qui ne cessent depuis des semaines de protester contre le lancement des travaux.

 

Les affrontements ont éclaté lorsque les éléments de la police antiémeute ont voulu assiéger les immeubles attenants au terrain. Les jeunes du quartier se sont alors regroupés et ont riposté en bloquant l’accès principal de la cité avec des objets hétéroclites. S’ensuivent alors des échanges de projectiles entre les deux camps. «Les policiers nous ont tiré dessus avec des armes à balles en caoutchouc, ces tirs n’étaient pas du tout sporadiques, car ils visaient les manifestants», déplorent les résidents, qui ajoutent : «Par la suite, les forces de l’ordre ont assailli les immeubles. Ils ont défoncé des portes et se sont introduits de force dans les logements. Nous avons essuyé des insultes, des crachats et nous nous sommes fait tabasser à l’intérieur de nos appartements, devant nos enfants.» Pris de panique, la plupart des habitants se sont retranchés chez eux ; certains ont même barricadé la porte d’entrée de leur habitation avec des meubles et des chevrons. Cela n’a pas pour autant empêché les policiers en faction de lancer un véritable assaut contre les résidents. «Cette incursion musclée est digne d’une scène de guerre. Les policiers ont fait preuve d’une rare violence. Nous en sommes marqués à vie», lance un père de famille dont la mère a été sérieusement affectée. «Prise de panique, ma mère a perdu l’usage de ses deux jambes. Depuis qu’elle a vu les policiers défoncer la porte de l’appartement, sa santé ne cesse de se détériorer», dit ce père de famille en larmes.


Les habitants de la cité du Bois des Pins, dont il ne subsiste que l’appellation, dénoncent le comportement brutal des policiers qui se sont non seulement permis de pénétrer dans des appartements occupés par des femmes seules, mais aussi de lancer des injures et des vulgarités en direction de femmes et d’enfants. Aussi, ils déplorent les dégradations commises par ces derniers au niveau des espaces communs des immeubles. «Ils ont cassé toutes les boîtes aux lettres et déchiré le courrier des résidents», témoignent les habitants.


A partir de 11h, un calme précaire s’installe graduellement dans la cité, libérant les ruelles du quartier de leurs occupants ; le vide laissé par la foule laisse apparaître la chaussée parsemée de douilles de cartouches, qui témoignent de l’arsenal utilisé contre les riverains.
Toutefois, la présence d’un grand nombre de policiers en civil dans les rues attenantes au bois, ainsi que d’autres en uniforme au niveau des balcons communs aux immeubles et sur les terrasses, pourrait mettre le feu aux poudres. «Le fait que ces policiers circulent librement dans les espaces communs des bâtiments est un signe provocateur», déclarent à l’unanimité les résidents, qui attendaient, jusqu’en début d’après-midi, le retour incertain de trois de leurs voisins qui doivent comparaître devant le tribunal de Bir Mourad Raïs pour des faits les mettant en cause dans ce mouvement de protestation.

Saci Kheireddine

 

LE TEMPS

 

Projet du parking a étages à Hydra

 

Violents affrontements entre les citoyens et les policiers

Hier, vers 6 heures, les services de police ont eu des difficultés à se rendre au quartier du Bois des pins à Hydra (Alger) pour y déployer un dispositif de sécurité. Ils étaient loin de se douter que la chaussée était enduite de graisse sur laquelle les camions ont patiné. Ils ne durent leur salut qu'au P/APC qui dépêcha des camions pour y déverser du  sable.

Les citoyens du quartier s'opposent à la destruction du bois mitoyen à leur cité et la construction à sa place d'un parking automobiles à étages. Il est 8h00 lorsque les camions de police arrivent sur les lieux où des jeunes les attendaient derrière des barricades. En quelques minutes, la situation s'est détériorée, à telle enseigne que des blessés ont été enregistrés des deux côtés.

Si les policiers étaient blessés par les projectiles lancés par les citoyens, les locataires, eux, étaient traumatisés par les tirs et les propos obscènes employés par certains policiers. Lors de l'assaut, plusieurs policiers ont été blessés par des pierres et autres objets lancés par les protestataires à partir des terrasses au son des youyous.

Pour accéder aux terrasses, les policiers ont dû défoncer les portes barricadées. «Je ne comprends pas pourquoi ils ont  défoncé les portes des habitations et saccagé les compteurs électriques», rage une vieille femme qui crie au scandale. «Gouverner, c'est prévoir et surtout prévenir», dira une ancienne moudjahida qui «dénonce le silence du wali et la hargne des policiers».

  Vers 10h30, un calme précaire est revenu et seuls les membres du comité des sages ainsi que les policiers étaient sur la chaussée parsemée de projectiles et autres objets. Des cartouches de fusils à pompe, des billes en acier et des plombs jonchaient le sol parmi les pierres et les autres objets lancés par les contestataires.

Non loin des barricades dressées par les citoyens, des pneus consumés dégageaient de la fumée. Au même moment, les deux personnes arrêtées dont le porte-parole du comité des sages et qui observent une grève de la faim étaient présentées devant le procureur de la république.

Ce n'est que vers 11h00 que les engins de l'entreprise chargée de la réalisation du parking investirent les lieux pour entamer les travaux de terrassement. Curieusement et en dépit du fait que les membres du comité ont introduit une plainte en référé près le tribunal administratif de Bir Mourad Raïs, les travaux n'ont pas cessé.

Le calme est revenu progressivement et les coursives des immeubles étaient devenues des endroits de repos pour les milliers de policiers qui s'y étaient affalés. «Nous avons reçu des instructions pour arrêter toutes les personnes suspectes qui sortiraient des immeubles», révèle un des policiers. Après les émeutes, c'est le moment des représailles.

Les locataires en sont conscients, mais sur quelles preuves tangibles pourront opérer les policiers alors que la majorité des résistants sur les terrasses portaient des masques et des cagoules ? Vers 14h00, nous sommes informés de «l'interpellation du jeune Rouabeh Kamel, venu du bled sur invitation de ses parents qui résident au bois des pins». 

Des fenêtres fusaient des cris et menaces : «Nous vous donnons rendez-vous la nuit», lançaient les protestataires sur un ton de défi. Au même moment, les engins entamaient les travaux sous le regard désolé des habitants du quartier.

D. Mentouri

 

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