Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Publié par Saoudi Abdelaziz

 

Eric Hobsbawm

Eric John Hobsbawm vient de mourir à l’âge 95 ans. Né à Alexandrie en 1917, de nationalité britannique, le grand historien a voulu faire une histoire sociale des sociétés contemporaines depuis la Révolution industrielle.

 

 

« Une histoire des gens ordinaires »

 

 

A propos de son œuvre il dira notamment :

« Mon objectif central a été de faire une histoire sociale, une histoire des gens ordinaires et des masses laborieuses. Mes premières études portaient sur la réaction des individus, nés dans des sociétés traditionnelles, à l’arrivée de cette nouvelle société induite par le capitalisme et ce que l’on appelle la Révolution industrielle, sur l’impact et le bouleversement des modes de vie des individus, hommes et femmes.

À partir du milieu du 18ème siècle, on observe le début d’une construction de l’économie mondiale, fondée sur le commerce et les échanges entre les colonies et les centres européens, entre les régions arriérées de l’Europe et les Etats avancés. En même temps se produit une percée d’ordre politique avec la Révolution américaine et la Révolution française. Vers la fin du 18ème siècle, on observe donc de grands changements, à la fois économiques et politiques. C’est ce que j’ai appelé « l’ère des révolutions », sans toutefois qu’il y ait de liens organiques entre ces deux types de mutation.

Le capitalisme a constitué un tel bouleversement dans toutes les sociétés d’Europe - occidentale et centrale - qu’il reste tout au long de son existence très problématique. Il a détruit les bases des fonctionnements antérieurs et, tout en apportant un progrès énorme, il a créé des problèmes sociaux et politiques. Il a donc généré des réactions dès le début de son existence (dès les années 1820), et des projets qui visaient à le remplacer par d’autres formes de société : des conceptions socialistes sont très vite apparues, en réaction au capitalisme. »

 

 

« Je suis resté sympathisant »

 

Interrogé sur son crédo politique il dit :

« Je suis un homme de gauche. Ma conviction est qu’il faut défendre les intérêts des gens ordinaires. Nous, les élites, les riches, les intelligents, nous ne sommes pas à plaindre. Mais il est intolérable pour moi de dire : « Que les autres se débrouillent ! » Une société doit œuvrer à réduire les inégalités et agir dans l’intérêt de tous (et c’était l’objectif du socialisme). Nos sociétés futures devront inventer un tel régime - qu’il s’appelle socialiste, ou autre - en laissant la liberté à tous, même aux Eglises...

J’ai été un adhérent communiste jusqu’au moment de la déstalinisation. Je suis depuis resté sympathisant, j’ai refusé d’abandonner par fidélité à ma vie même, et surtout à ce qui a été une grande cause émancipatrice dans l’esprit de tous ceux qui y ont adhéré. Beaucoup d’entre eux n’avaient pour vivre qu’un salaire d’ouvrier et ont connu, sous le fascisme, les persécutions ou la mort. Pour moi qui n’ai pas connu cela, je pense que la moindre des choses était de ne pas accepter les avantages que l’on m’offrirait sûrement si je quittais le Parti. »

 

 

Ces extraits sont tirés du recueil de témoignages que Sadek Hadjerès consacre à l’historien sur son site Social Algérie

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article