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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

 

Manuel Valls; Valls, immigration, sans-papiers, régularisation,DR

 

 

Par Carine Fouteau

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« L’âme de la France, c’est l’égalité » : cette assertion, remplie d’espérances, inscrite dans les 60 engagements de François Hollande, n’a pas pris corps lors de la première année du quinquennat pour ceux qui vivent, travaillent, se marient en France, mais n'y votent pas. Ceux qui contribuent à la croissance économique, paient leurs impôts, ont des enfants, sont parents d’élèves ou délégués syndicaux, mais n’ont pas la nationalité française.

 

Le président de la République a prôné l’apaisement à leur égard. Il n’a pas affirmé, comme son prédécesseur, qu’il y a trop d’étrangers dans le pays. Il n’a pas opposé les “bons” immigrés, les diplômés prêts à l’emploi, aux “mauvais”, les profiteurs d’allocations familiales. Il n’a pas eu recours à Patrick Buisson, il n’a pas organisé de débat sur l’identité nationale, il n’a pas fait l’apologie des frontières. Non. Il a même formulé une promesse en direction de ces résidents non nationaux. Une seule, non tenue. Le droit de vote des étrangers aux élections locales a été abandonné avant que le combat politique ne soit mené. Le mariage a été ouvert aux homosexuels, comme si cela devait suffire en matière d’attention aux “minorités”.

 

Lors de la campagne présidentielle, François Hollande, pour se démarquer de Nicolas Sarkozy, a dit vouloir mettre en place une «autre politique migratoire (…)fondée sur des règles transparentes, stables et justes », après cinq voire dix ans de régression législative. Une fois élu, il a parlé de « rayonnement » et d’« attractivité » du pays à l’égard des « talents » du monde entier. Il a voulu montrer le visage d’un pays capable de s’ouvrir et d’intégrer. Mais il a laissé au ministre de l’intérieur, chargé des questions de sécurité et d’ordre public, la complète maîtrise de l’accueil des étrangers sur le territoire, sans donner l’impulsion nécessaire à une réforme globale du Code de l’entrée et du séjour des étrangers, comme c’est le cas aux États-Unis. Les familles se sont moins souvent retrouvées en rétention, mais les reconduites à la frontière n’ont jamais été aussi nombreuses. François Hollande ne s’est pas opposé aux démantèlements de camps de Roms, qui ont contraint leurs occupants à errer d’un département à l’autre. Des critères de régularisation des sans-papiers ont été mis en place, mais ils ont exclu les employés au noir, les plus précaires parmi les précaires.

 

Le chef de l’État a refusé la suspicion, mais il ne s’est pas donné les moyens de changer les mentalités, sur les discriminations notamment, à propos desquelles il avait assuré vouloir mener une « lutte sans concession ». Les blagues aux relents racistes ont été évitées, mais il n’a pas su empêcher les amalgames à propos des musulmans, il n’a pas réagi aux déclarations de Manuel Valls sur les « ennemis de l’intérieur » suscitant le doute et la peur, il n’a pas endigué la montée de l’islamophobie. Et quand le ministre de l’intérieur a déclaré que les Roms, pour des raisons culturelles, ne souhaitent pas s’intégrer, il s’est tu.

Tour d’horizon d’une politique qui, confondant apaisement avec renoncement, restreint les possibilités de changer le regard de la société sur l’immigration, c’est-à-dire sur elle-même.

 

Lien : mediapart.fr

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