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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

 

Plusieurs journaux et sites publie une tribune libre de Hocine Malti intitulé  La Sonatrach : 50 ans après. L'ancien cofondateur de la compagnie nationale se livre à un long réquistoire dont nous mettons en ligne la conclusion.

 

"C’est pour garantir l’indépendance du pays chèrement acquise après plus de sept ans de guerre que nous avions créé la Sonatrach, une année et demie à peine après le 5 juillet 1962 ; c’est pour assurer la souveraineté de l’État algérien sur les richesses pétrolières du pays que nous avions lancé dès 1963 la construction du premier oléoduc 100 % algérien, alors même que les caisses du Trésor public étaient vides et que les spécialistes algériens en la matière se comptaient sur les doigts de la main ; c’est parce que nous avions su acquérir le soutien et le respect d’un grand nombre de nations que nous avions, en juin 1967, osé mettre sous contrôle de l’État algérien les compagnies pétrolières américaines ; c’est pour clamer à la face du monde entier que l’Algérie voulait arracher son indépendance économique également que nous avions nationalisé l’industrie des hydrocarbures un certain 24 février 1971. Mais cela, c’était avant.

C’était avant qu’Abdelaziz Bouteflika, Tewfik Mediène, Khaled Nezzar, Larbi Belkheir et compagnie ne s’emparent du pouvoir. C’était notamment à une date où le président de la République actuel n’était qu’un pin’s sur le burnous d’un autre. N’est-ce pas, Mr. Nezzar ?

Que nous reste-t-il à célébrer cinquante ans après ? La mise de l’État algérien sous contrôle des compagnies américaines ? La mise sous contrôle de la CIA des forces armées algériennes, grâce aux mallettes de commandement achetées par BRC aux États-Unis ? Le retour au système de concessions dans lequel les compagnies pétrolières fixaient elles-mêmes les conditions dans lesquelles elles exploiteraient les ressources en hydrocarbures des pays du tiers monde ? Un système contre lequel tous les pays de l’OPEP se sont battus ?

À moins que nous ne célébrions les milliards de dollars, détournés par une faune de prédateurs, algériens et étrangers, grâce aux « efforts » des Chakib Khelil, Farid Bedjaoui et grâce à la bienveillante protection et/ou à la complicité, d’Abdelaziz Bouteflika, de Saïd Bouteflika, de Tewfik Médiène et du plus grand parrain de tous les temps, Larbi Belkheir ? Nous ne pouvons hélas que constater que cinquante ans plus tard, le bel outil que nous avions créé le 31 décembre 1963 est passé entre les mains d’un gang qui le presse à la manière d’un citron pour en extirper le maximum de jus. Quelle différence y a-t-il, dites-moi, entre cette mafia et la Cosa Nostra napolitaine ou le cartel de Medellin ? À l’inverse de la nôtre, ces deux autres pieuvres donnent à manger au petit peuple."

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