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Publié par Saoudi Abdelaziz

 Si nous allons plus loin dans la réflexion, je dirais que l’Algérie a connu deux grandes étapes. La première, qui s’étend sur les deux premières décennies de l’Indépendance, s’inscrivait en droite ligne de la Guerre de Libération nationale et visait à étendre au plan économique l’Indépendance conquise au plan politique.

Une véritable dynamique de développement industriel national fut lancée, à l’époque, en vue de remettre en cause les rapports de domination économique, qui subordonnent le développement des pays du Sud à celui d’une poignée de puissances capitalistes d’Europe et d’Amérique. Cette dynamique permit à notre peuple, dont la majorité vivait dans la misère sous la colonisation, de goûter enfin aux bienfaits des richesses du pays et de la politique de l’Etat : amélioration des conditions de vie, accès au marché de l’emploi, médecine gratuite, éducation massive, logement… Et ce, en dépit des limites et autres faiblesses de l’époque.

La seconde étape, ouverte au début des années 1980, s’étend jusqu’à aujourd’hui. C’est celle de la remise en cause de cette dynamique de développement et de résistance aux grandes puissances politiques (Etats du G7) et d’argent (Banques, multinationales…). La politique d’infitah a constitué une véritable contre-révolution économique, sociale, politique et idéologique.

Au cours de ces deux étapes historiques, les régimes en place ont été dictatoriaux (1962-1988) ou autoritaires à façade démocratique (1989-2012). Cette absence de liberté a permis justement la remise en cause des acquis de la Guerre de Libération nationale et des deux premières décennies de l’Indépendance.

Les catégories populaires n’ont pas été en mesure de se défendre et de porter leur propre projet politique et social. C’est pourquoi la situation actuelle implique la conquête de la démocratie, pour que le peuple algérien soit enfin l’unique et véritable souverain du pays et qu’il choisisse, en toute liberté, la marche à suivre, dans les domaines économique, social… Rien ne sera octroyé aux classes populaires : ni la liberté, ni le bien-être, ni les acquis…

L’avenir du pays ne dépend ni du prix des hydrocarbures, ni de l’importation clés en mains d’un modèle de développement sud-coréen ou autre, mais du peuple algérien qui doit se mobiliser, à partir de ses propres revendications quotidiennes, pour élaborer un projet de développement national, démocratique et social qui profite à la majorité et non à une minorité, étroitement liée aux intérêts des grandes puissances politiques, économiques et financières étrangères ».



Hocine Bellaloufi, 7 juillet 2012. Propos recueillis par Hafeda Ameyar, Extraits.

Texte intégral : Liberté

 

 

 

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