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Publié par Saoudi Abdelaziz

L'Égypte a organisé jeudi, pour la première fois de son histoire, un débat télévisé entre les deux principaux candidats à l'élection présidentielle, dont le premier tour est prévu les 23 et 24 mai.

Quinze mois après le renversement d’Hosni Moubarak, balayé par les révolutionnaires de la place Tahrir, les Egyptiens ont suivi pendant plus de quatre heures les échanges entre Amr Moussa, un diplomate chevronné de 75 ans ayant servi sous Moubarak, et Abdel Moneim Aboul Fotouh, un islamiste de 60 ans qui a connu la prison sous le régime de l’ex-raïs.

 

Parmi les 13 candidats en lice, les deux hommes font office de favori du scrutin, dont le premier tour aura lieu les 23 et 24 mai. L’élection doit parachever la transition en Egypte, que les militaires du Conseil suprême des forces armées (CSFA) dirigent depuis la révolution.

 

Aboul Fatouh, qui a les Frères Musulmans il y a un an a mis l'accent à plusieurs reprises sur les liens entre Moussa et le régime de Moubarak : "Il existe une règle selon laquelle celui qui a créé un problème ne peut pas le résoudre", a-t-il lancé à son adversaire.

 

Ce dernier a contre-attaqué en accusant les Frères musulmans d’avoir eux aussi gardé le silence. "Vous vous efforciez de défendre les positions des Frères musulmans et non pas les intérêts égyptiens".

 

Posant en rassembleur, Aboul Fotouh assure être en mesure d’en finir avec la "polarisation" de la société égyptienne. Il tente de réunir autour sa candidature les islamistes modérés et radicaux - le candidat des salafistes a été lui aussi été évincé du scrutin -, les centristes et certains libéraux. "Avec les salafistes, il est salafiste. Avec les libéraux, il est libéral. Avec les centristes, il est centriste", a ironisé Amr Moussa, qui joue pour sa part de son expérience et de sa stature d’homme d’Etat dont l’Egypte, dit-il, a besoin alors qu’elle traverse une "crise existentielle". Il se présente aussi comme un rempart contre l’influence croissante des islamistes.

 

"Nous allons pour la première fois choisir le président de l’Egypte. J’espère que nous ne nous laisserons pas ramener en arrière, une fois de plus, vers le régime déchu, avec ses idées, son essence et ses personnalités", a réagi Aboul Fotouh.

 

Tous deux se sont engagés à revoir le traité de paix signé en 1979 avec Israël, un pays qu’Aboul Fotouh qualifie d’ennemi et que Moussa décrit comme un adversaire.

 

La partie du débat consacrée à la politique étrangère a donné lieu à une étonnante bévue d’Amr Moussa, qui a parlé de l’Iran comme d’un Etat arabe.

 

Sources: Reuters-AFP, 11 mai 2012

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