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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

Hier, ils étaient des milliers à vouloir organiser une marche de Ouargla vers Hassi Messaoud

DR

 

 

Le 24 février dernier, lors de sa visite à Illizi, le Premier ministre, avait affirmé que son gouvernement "prendra toutes les mesures nécessaires pour insuffler une dynamique au développement des régions du sud du pays". Sellal a rappelé "la décision du gouvernement concernant la création d’entreprises publiques de réalisation dans les différentes wilayas du sud". Cette annonce, même imprécise aurait pu être un pas vers les chômeurs de Ouargla, Laghouat et des autres régions du sud qui se battent pour l’emploi. Mais, le promesse a été immédiatement suivi d’une phrase surprenante, reprise dans la dépêche de l’APS qui rendait compte de ses propos devant les autorités à Illizi : «  le Premier ministre a révélé l’existence d’un "groupuscule" qui vise à semer la division entre le nord et le sud du pays, affirmant que de telles tentatives étaient vaines ». Maladresse ou dérapage contrôlé, les propos du Premier ministre ne pouvaient pas laisser indifférents ceux des chômeurs du sud qui se mobilisent de plus en plus nombreux pour le développement de l’emploi. Ils lui répondent.

 

 

Ouargla- Les chômeurs mettent en garde Sellal

 

 

Par Houari Alioua

 

 

Empêchés de marcher à Hassi Messaoud, le 24 février, persécutés par les forces de l’ordre qui ont arrêté plus de 80 d’entre eux, depuis janvier dernier, à Ouargla et Laghouat, les chômeurs mettent en garde le Premier ministre à propos de la marginalisation des régions sahariennes, de ses promesses non tenues ainsi que ses «paroles blessantes» évoquant l’existence d’un « groupuscule au Sud » qui ambitionnerait de diviser le pays.

 

Selon eux, «ce sont les chômeurs révoltés contre leur exclusion qui sont visés par ces propos et voilà qu’en quelques mois le discours du Premier ministre est paradoxalement passé du strict engagement à donner la priorité aux enfant du Sud dans l’emploi local, à la faveur des 31 nouvelles découvertes de pétrole annoncées par Sonatrach, à un appel aux jeunes à revenir à l’agriculture saharienne sous prétexte que les réserves en hydrocarbures ont tari», disent-ils lors de leur réunion hier à Ouargla. Les chômeurs – qui n’ont pas été admis à se rapprocher de M. Sellal, lors de sa rencontre avec la «société civile» triée sur le volet en novembre dernier – ont été conviés hier à une réunion à cœur ouvert, organisée par le docteur Mohamed Kamel Abazi, député à l’APN de la wilaya de Ouargla, avec une cinquantaine de délégués du Comité de défense des droits des chômeurs.

 

«Après huit ans de révolte, nous attendons, depuis novembre 2012, un commencement de mesures concrètes de la part du gouvernement, on nous a demandé de patienter, mais notre patience a atteint ses limites», affirme El Abed Mohamed Lamine, un des coordinateurs du mouvement des chômeurs de Ouargla, qui a synthétisé la situation de statu quo qui exacerbe la colère de la rue. Une rue qui ne cesse de s’agiter depuis cinq mois au moment où les membres du gouvernement sillonnent le grand Sud pour apaiser les esprits. La rue ne se contente plus de vaines promesses et veut du concret : un programme de développement ciblé mettant en avant les spécificités climatiques, géographiques et culturelles du Sahara, un plan de valorisation des ressources humaines de la région tant dans la Fonction publique qu’au niveau de l’industrie pétrolière, une prise en charge effective et une mise à jour des lois régissant l’emploi, la sous-traitance ainsi que l’affectation du personnel des instances de l’emploi ayant fait preuve de mauvaise gestion et de corruption.

 

Houari Alioua, 1er mars 2013. El Watan

 

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