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Publié par Saoudi Abdelaziz

Les travailleurs d'Algérie Poste en grève. Sid-Ali/New Press 

Sid-Ali/New Press

 

 

 

Un leurre, et quelques promesses vagues. L’épisode du 8 janvier de la grève d’Algérie-Poste et la réponse du PDG avalisée par le ministère vient confirmer la tactique pratiquée par l’Exécutif depuis de trop longues années à l’occasion des conflits sociaux dans le secteur public. Pour désamorcer le mouvement on combine une mesure financière concrète immédiate à des promesses sans échéances et sans modalités contraignantes d’application, qui font traîner les choses en longueur. C'est le scénario appliqué à la Poste, comme au chemins de fer.

 

 

Cette tactique s'effectue à travers une chaîne d’irresponsabilité de l’exécutif algérien. Elle atteint ses limites. Les salariés disent fakou: L'Etat ne joue pas franc jeu, l’anarchie  vient d’en haut. Les paravents de la pseudo-autonomie de l’entreprise et de l’interlocuteur syndicat officiel tombent. Surtout, quand une grève est suivie « à 95% ».

 

 

Samira Azzegag rapporte dans du Temps d’Algérie : « Les employés d'Algérie Poste, qui ont tenu dans la matinée d'hier un rassemblement sur la place de la Grande-Poste, ont affiché des banderoles hostiles à la politique de leur directeur général et ont par la même occasion appelé à l'intervention de Sellal. «Qu'il vienne nous parler ici. Nous n'avons aucun syndicat qui nous représente et nous refusons que M. Tchoulak ou l'UGTA nous représentent».

 

 

Dans El Watan, Mokrane Ait Ouarabi, après avoir repris à la lettre les termes de la dépêche de l’APS qui énumère les annonces de la direction d’Algérie-Poste, donne quand même quelques indications sur l’avis des grévistes : «Ils nous ont bassinés depuis des mois. Aujourd’hui, nous voulons du concret», a fulminé un des grévistes de la Grande-Poste d’Alger. Les travailleurs jugent «insuffisantes» les résolutions du conseil d’administration. Pour eux, la nouvelle nomenclature des postes et le système de promotion ne répondent pas à leurs attentes. «Nous ne pouvons pas attendre jusqu’à 55 ans pour bénéficier de nouvelles catégories et de promotions», dénonce un autre gréviste.

 

 

A Constantine, où la grève semble générale, en dépit de l’hostilité du syndicat régional et de son allégeance à la hiérarchie, seule la recette principale était hier en activité. Le Quotidien d’Oran a recueilli les propos de grévistes du centre régional de contrôle-mandat, du centre régional de la CNEP-Poste, du centre CCP et de la direction régionale de la Maintenance des équipements (CRME) : «Nos revendications sont maintenant assez connues et ce sont celles qui sont contenues dans la convention collective de 2003 dont nos responsables n'ont cessé de retarder l'application. «C'est du leurre !», lança à haute voix un travailleur.

 

 

Les comptes-rendus des différents journaux semblent cependant limités à des micro-trottoirs où des grévistes s’expriment spontanément, sans vision cohérente et équilibrée. explique : « Nous voulons des mesures bien détaillées et claires concernant l’application de nos revendications » Il analyse le communiqué de la direction général d’A-P qui comporte trois trois points.

 

Le premier concerne le changement de catégorie sur la grille des salaires pour ceux ayant 55 ans et plus. « Il n’y a pas beaucoup de travailleurs âgés de 55 ans », précise M. Ouarezki.

 

Le deuxième est l’avancement horizontal (l’indemnité d’expérience professionnelle, IEP) et vertical (les grades). « Nous ne savons toujours pas qui sera concerné par cette deuxième mesure », dit‑il.

 

Le troisième point est le repositionnement des travailleurs sur les fonctions réellement exercées. Ce « qui n’a toujours pas été finalisé », selon M. Ouarezki. « Nous voulons juste l’application de tous les points de la convention d’entreprise signée en 2003 », conclut Tahar Ouarezki.

 

 

Synthèse blog, 9 janvier 2012, 13h

 

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