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Publié par Saoudi Abdelaziz

250 ouvriers de la sous-traitance en grève

 

 

 

Par Mohamed Rahmani,

 

 

 

250 ouvriers, employés par une dizaine d’entreprises de sous-traitance travaillant pour le compte de la cimenterie de H’djar Essoud (daïra de Benazouz, wilaya de Skikda), ont entamé, hier, un mouvement de grève qu’ils disent illimité jusqu’à satisfaction totale de leurs revendications.

 

Revendications qui ont trait à l’augmentation des salaires qui doivent être, selon les grévistes, alignés sur ceux des travailleurs de la cimenterie ou alors une intégration au sein de la cimenterie pour bénéficier des mêmes droits que les autres travailleurs.

 

Hier, un attroupement de centaines de ces ouvriers bloquait les issues et empêchait toute activité, qui s’est trouvée ainsi sensiblement réduite. Les expéditions sont à l’arrêt, l’unité ensachage ne tourne plus, la production est au ralenti, les travailleurs de la sous-traitance affectés dans différents services (mécanique, électricité, ensachage) ne sont plus à leurs postes et la situation empire d’heure en heure. De longues files de camions semi-remorques attendent d’être chargés et les chauffeurs, qui sont là depuis plus de 10 heures, désespèrent de voir les commandes effectuées honorées.

 

«Nous faisons le même travail que nos camarades recrutés par la cimenterie, nous sommes payés 2 à 3 fois moins, ce n’est pas normal. La différence est empochée par les patrons des entreprises de sous-traitance, c’est de l’exploitation, c’est le fruit de notre travail. Nous ne pouvons plus supporter cela, nous exigeons d’être payés comme les autres, autrement personne ne travaillera!», nous a déclaré hier Abderraouf, un des grévistes employé par une des entreprises sous-traitante.

 

La direction de la cimenterie s’en lave les mains. Pour elle, le personnel employé dépend des entreprises de sous-traitance et le problème soulevé ne la concerne pas et c’est donc à ces entreprises de trouver, au plus vite, une solution à même de satisfaire les grévistes pour qu’ils reprennent le travail. Côté entreprises, on brandit la menace de licenciement pur et simple si la situation perdure. La pression est à son comble mais apparemment les ouvriers ne cèdent pas et maintiennent leur mouvement de grève. L’inspection de travail de la wilaya de Skikda a été sollicitée, hier, en vue d’une conciliation entre les parties en conflit pour une éventuelle reprise du travail, surtout que la cimenterie de H’djar Essoud alimente les centaines de chantiers à Skikda et à Annaba, où des milliers de logements sont en construction. Le ciment, produit stratégique indispensable à la construction, fait déjà l’objet de pénuries faisant flamber le prix du sac de 50 KG qui se vend chez les particuliers 870 DA, alors qu’en sera-t-il si d’aventure la grève persiste ? Cela aura certainement des conséquences sur les coûts et les délais de réalisation contractuels.       

 

 

Mohamed Rahmani, correspondant à Annaba, 20 mai 2012. La Tribune

 

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