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Publié par Saoudi Abdelaziz

Hier, l’analyste du Quotidien d’Oran écrivait à propose de la grève à Air Algérie : « La faute des officiels est d'avoir été tentés de jouer le pourrissement du conflit, tout en sachant les conséquences qu'il allait entraîner en cette période de pointe dans l'activité de la compagnie aérienne ».

 

Aujourd’hui, Kharroubi Habib effectue un virage complet en écrivant « Il nous paraît qu'à leur corps défendant, les grévistes ont été instrumentalisés et ont servi de masse de manœuvre à des cercles d'intérêts en lutte pour la mainmise sur le contrôle de la compagnie aérienne nationale ».

Il nous confie l’argument décisif qui explique son retournement : « Des sources avancent même que le conflit ayant éclaté au sein d'Air Algérie est une des manifestations de la lutte à distance et en sourdine que se font le FLN et le RCD. ».

 

Ah ! La source quand tu nous tiens. On n’en a pas fini avec ces sources mystérieuses qui abreuvent les rédactions.

 

Le millier de stewards, d’hôtesses et autre personnel navigant commercial, ont voté la grève comme des moutons «instrumentalisés», en assemblée générale. D’abord contre l’ex PDG, qui a accepté de négocier après une journée de grève le 15 juin. Puis celui-ci ayant été limogé «pour avoir accepté de négocier» (selon les médias, de «sources sûres»), ils s’en sont pris à son successeur et, envoûtés par Hammamouche, ont de nouveau bêlé en chœur pour faire grève contre le nouveau PDG. Ils ont été par dizaine en voie d’être menés à l’abattoir du licenciement par le PDG ingrat promus grâce à eux ; ils ont subi le bombardement des médias branchés. Mais ils ont continué à bêler avec entêtement des jours durant, jusqu’à faire descendre Ouyahia de l’Olympe.  

 

Dans cette affaire, qui est le mouton ? La rédaction de Liberté a levé l’Omerta contre la « source » (Sidi-Saïd) qui l’a induite en erreur en informant en off sur  le « sabotage économique » qui motive cette grève, terme qui explique d’ailleurs après coup l’éditorial de Liberté contre la grève, intitulé « sabotage ».

 

Aurons-nous le plaisir de lire un jour, dans le Quotidien, le nom des sources sûres, lorsqu’il s’avèrera, comme pour Liberté, qu’une fois de plus les médias indépendants ont été manipulés

 

A dire la vérité, quelque soient les confidences de ces sources, autorisées ou non, qui vont peut-être couler abondamment, la grève des stewards et des hôtesses est et restera une belle action de masse. Elle ne peut être souillée, par quelque analyse ou révélation que ce soit.

 

Yacine Hammamouche aurait-il une carte de parti ? Si tel était le cas ,ce serait une nouvelle rassurante : Les partis ne sont donc pas totalement étrangers aux luttes sociales en cours comme on pourrait le déduire de leur absence totale de prise de position. Ce serait en tout cas un honneur pour le FFS, le RCD, le PST, le PADS, le PT ou d’autres formations politique, si leurs adhérents étaient présents sur le terrain des luttes sociales.

 

Cela me rappelle la grève de l’usine d’emballage métallique ex-Carnaud, du Gué-de-Constantine, en 1994. Le pouvoir était si convaincu que le Pags avait une baguette magique pour déclencher et arrêter les grèves que le ministre de l’industrie de l’époque, Belaïd Abdesslam était intervenu auprès d’un membre, alors récemment sorti de clandestinité, de la direction du Pags, pour lui demander d’intervenir pour faire cesser le mouvement !

 

C’est vrai que le Pags avait deux ou trois militants à l’usine, et que la fédération d’Alger, que je dirigeais à l’époque, suivait de près cette lutte qui témoignait du renouveau de combattivité de la classe ouvrière. La direction de la fédération avait même pris, soutenue par Aziz Belgacem, avec l’accord de Sadek Hadjerès, l’initiative de rédiger, d’imprimer et de diffuser un tract soutenant cette grève.

 

Mais jamais, ni en Algérie ni dans aucun autre pays du monde, une grève aussi unanime que celle d’Air Algérie n’a été déclenchée selon un timing prémédité par une instance quelconque.

 

S.A

 

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