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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

 

C’est un front social de plus en plus large qui se dresse contre les mesures que les banques veulent imposer au peuple et à l’économie grecque, tuant l’économie réelle pour satisfaire aux exigences de l’aristocratie financière internationale. La politique d’austérité est menée par un premier ministre et un président de la banque centrale européenne issus de cette aristocratie, et activement soutenus par le FMI. L’élargissement de la  résistance grecque est sans doute lié à la ténacité des salariés et de leurs syndicats qui ne laissent aucun répit au gouvernement.

Un article du journal économique patronal français Les Echos

 

 

 

Grèce : les partenaires sociaux opposés aux baisses de salaire dans le privé

 

Lucas Papadémos, le Premier ministre grec, a de plus en plus de mal à maîtriser les différentes composantes politiques qui le soutiennent. Les syndicats et les organisations patronales n'acceptent pas la réduction des salaires

 

La Troïka (la Commission européenne, la BCE et le FMI) se fait pressante. Elle exige du gouvernement de Lucas Papadémos qu'il tienne ses engagements en matière de réformes, en particulier celles qui ont trait au marché du travail et aux libéralisations. Les créanciers de la Grèce insistent sur la baisse du coût du travail dans le secteur privé. Poul Thomsen, le chef de la délégation du FMI à Athènes a déclaré mercredi au journal « Ekatimerini » que, « comparés à la productivité, les salaires occupent une place trop grande au regard de l'économie dans son ensemble ». C'est pourquoi le Premier ministre Lucas Papadémos entend abolir le statut spécial des employés des entreprises publiques, veut réduire de l'ordre de 15 % le salaire minimum (fixé à 751 euros mensuels) ainsi que les retraites complémentaires, suspendre la hausse de 2,6 % du salaire de base programmée pour juillet et diminuer de moitié les primes cumulées versées deux fois par an à Pâques et à Noël. Sauf que les partenaires sociaux et les formations politiques qui le soutiennent ne l'entendent pas de cette oreille.

 

Aucun engagement

 

La réunion d'hier entre les représentants des employeurs et la centrale syndicale GSEE du secteur privé n'a pas permis d'avancée notable du dossier. Agacés, les Européens et le FMI ont demandé aux leaders des trois partis de la majorité gouvernementale qu'ils s'engagent par écrit à mener les réformes structurelles exigées par la Troïka. Mais, Giorgios Karatzaferis, le chef du parti LA.OS a déjà déclaré qu'il ne signera aucun engagement de cette nature. Quant à Antonis Samaras, le leader de la Nouvelle Démocratie, il souligne qu'il ne soutiendra pas de choix du gouvernement de Lucas Papadémos qui seraient en dehors de sa mission (« la finalisation de la décote de la dette avec les banques ; le nouveau paquet d'aide et la convocation d'élections législatives ».)

 

Affaiblissement de l'exécutif

 

Un autre exemple de l'affaiblissement de l'exécutif est venu du rejet récent par le Parlement hellénique d'une mesure qui lève les restrictions aux horaires d'ouverture des pharmacies. Les pharmaciens font partie des quelque 130 professions que les autorités voudraient libéraliser. Il y a neuf jours, 152 députés sur 253 ont voté contre cette mesure ou se sont abstenus. Le groupe parlementaire du Pasok, s'est divisé avec plus de 60 de ses élus qui ont également voté contre. Parmi eux, des figures très influentes dans la formation sociale-démocrate comme Vasso Papandréou et Louka Katseli. Un nombre important de députés conservateurs a décidé de ne pas prendre partie au vote. Inquiet de l'effritement de sa majorité, Lucas Papadémos tente de renouer les fils avec les partis qui le soutiennent. « L'ensemble de la classe politique doit faire preuve d'un sens de responsabilité sans failles car il est évident que ce qui va se produire dans les tout prochains jours aura des conséquences durables sur l'avenir de la Grèce », a averti le porte-parole du gouvernement, Pantelis Kapsis.

 

Massimo Prandi, 3 février 2012. Les Echos

 

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