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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

 

 

Sous la conduite du précurseur américain, le cartel pétrolier international va de l’avant pour imposer aux Etats maghrébins, pauvres en eau, l’aventure de L’exploitation du gaz de schiste. En route vers une nouvelle catastrophe écologique ? « A l'évidence, le travail «d'explication» est déjà en marche », écrit Salem Ferdi dans le Quotidien d’Oran.

 

 

 

 

Des discussions en cours avec Alger : Shell veut le gaz de schiste algérien

 

Par Salem Ferdi

 

Royal Dutch Shell est en train de travailler de concert avec l'Algérie et la Tunisie pour jeter les bases d'une exploitation du gaz de schiste pour la première fois dans la région MENA, a indiqué au journal anglophone d'Abou Dhabi, «The National», Mounir Bouaziz, vice-président de l'exploration et de la production au sein du groupe.


« Actuellement, nous avons des discussions très sérieuses avec les pays d'Afrique du Nord comme l'Algérie et la Tunisie pour travailler avec eux à la mise en place d'un cadre réglementaire et d'un régime fiscal», a-t-il déclaré à une question sur les perspectives du gaz de schiste dans la région. «C'est une première dans la région», a-t-il répondu à une autre question. S'agissant des problèmes de sécurité et du risque, souvent mis en avant par les défenseurs de l'environnement d'un risque de pollution des nappes phréatiques, le responsable de Royal Dutch Shell se veut très rassurant. «J'admets qu'en tant qu'industrie, nous ne savons pas parfois nous asseoir face au public et expliquer. L'eau pour la consommation humaine que nous utilisons se situe en général à une profondeur maximale de 600 mètres alors que la fracturation va vers une profondeur de 4.000 mètres. Il n'y a donc aucun moyen que cela touche la couche d'eau en question». Il admet néanmoins la légitimité des préoccupations environnementales et sécuritaires qui s'expriment dans le public. «Ce que nous avons appris dans l'industrie est qu'il faut respecter le public. C'est une question qui est, à tort ou à raison, dans beaucoup d'esprits. Et il est important, si nous entamons le développement de cette technologie dans la région, de prendre réellement le temps de l'expliquer aux intervenants».


A l'évidence, le travail «d'explication» est déjà en marche. «Il n'est pas seulement question de la fracturation hydraulique. Les gens ont de nombreuses préoccupations sur le fait que le procédé consomme beaucoup d'eau, mais avec le temps nous avons appris comment minimiser son usage et comment utiliser les différents types de liquides, etc.».


 

Les Etats-Unis ont déja pour cent ans…


S'agissant du boom du gaz de schiste ou «shale gas» aux Etats-Unis, Mounir Bouaziz estime que le cas est fort intéressant. «Je travaille sur le gaz depuis plus de dix ans, je me souviens qu'il y a six ans de cela toute l'industrie du gaz et spécialement celle du GNL mettaient l'accent sur les Etats-Unis comme un marché. Mais avec la capacité d'innovation et la souplesse, ces gens-là travaillent sur le gaz non conventionnel». En peu de temps, souligne-t-il, les Etats-Unis sont passés de la position d'importateur net à l'autosuffisance et ils disposent maintenant d'approvisionnement suffisant pour 100 ans ! L'Algérie, pour rappel, compte développer la production de gaz de schiste. Sonatrach a annoncé qu'elle avait foré son premier puits dans le bassin d'Ahnet, au sud d'In Salah.


 

Une option entérinée malgré les réserves


 

Le PDG de Sonatrach, Abdelhamid Zerguine, a indiqué récemment à Kuala Lumpur que des études réalisées sur une superficie de 180.000 km² ont révélé un «potentiel énorme» de gaz de schiste dépassant plus de 600 millions m3 par kilomètre carré, ce qui signifie que plus de 2.000 milliards de m3 peuvent être récupérés. L'option du gaz de schiste est entérinée par les responsables du secteur en dépit des réserves écologiques de certains spécialistes. Ces questions environnementales sont loin d'être secondaires. L'Agence internationale de l'Energie (AIE), qu'on ne peut qualifier de particulièrement écologiste, vient de publier, fin mai, un rapport sur les «Règles d'or pour un âge d'or du gaz» sur les meilleures pratiques du développement des ressources en gaz non conventionnels. Le rapport appelle à répondre aux inquiétudes du public sur les impacts environnementaux et sociaux et préconise un ensemble de bonnes pratiques pour permettre à l'industrie de «se développer (…) de gagner et de préserver la confiance des populations dans ces opérations».

 

Salem Ferdi, 11 juin 2012. Le Quotidien d’Oran

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