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Publié par Saoudi Abdelaziz

Voilà un directeur de Sonatrach qui tranche sur un sujet sensible, où est engagé l’avenir de notre pays. Faut-il mobiliser des capitaux considérables, détourner d’énormes quantités de ressources en eau et pourrir nos sols pour extraire du gaz de schiste ? Sonatrach, pourvoyeuse de la rente, a tranché en faveur l’option défendue par le lobby pétrolier américain. Ce débat crucial concerne pourtant d’abord la nation algérienne et ses représentants, objectera-t-on. Qu’à cela ne tienne : sur la base de la décision élaborée par Sonatrach, les futurs députés ont déjà leur plan de charge pour la prochaine législature. Le directeur confie en effet : « Sur le plan juridique, je crois que monsieur le ministre l’a bien annoncé, il va y avoir des améliorations légales pour inciter au développement de ce gaz de schiste ».

 

Synthèse blog

 

 

 

 

Directeur à Sonatrach : Le bruit en Europe sur les gaz de schiste ? Un effet électoral »

 

 

 

L’atelier international sur le gaz de schiste, organisé par l’association algérienne du gaz, tenu au centre des conventions d’Oran (CCIO) a réunit plusieurs pays venus pour débattre de l'exploitation de cette ressource qui fait polémique actuellement en Europe. Entre les partisans et les opposants et les opposants au développement du shale, le monde est divisé en deux. Mahieddine Touhami directeur technique à Sonatrach a pris son parti.

 

 

L’Algérie se prépare déjà à devenir un des pays producteurs de gaz non conventionnel. Mahieddine Touhami, directeur technique à Sonatrach nous parle dans cet entretien de l’importance nouvelle de l’investissement dans le gaz de schiste. Une première évaluation a été faite, en effet, en 2009 et a montré qu’il existe un important potentiel de ressources en non conventionnel en Algérie. L’étude et le développement du gaz de schiste en Algérie est parmi les priorités de Sonatrach. Les projets s’étalent à travers le territoire national afin d’avoir une bonne maitrise de ce que recèle le sous-sol en tant que ressources. Plusieurs puits devraient être forés en 2012. En matière d’environnement, la règlementation doit être stricte, estime Mahieddine Touhami. Elle sera totalement différente de celle qui est appliquée en Europe ou aux Etats-Unis. C’est un environnement qu’il faut adapter aux conditions que nous avons et qui ne sont pas du même ordre des autres pays. Questions-réponses.

 

 

Le développement du gaz de schiste avance à deux vitesses actuellement. D’un côté les européens mettent en garde contre les effets polluants des procédés d’exploitation de ce type de gaz et de l’autre les américains et d’autres pays producteurs encouragent le développement de la filière. Pourquoi cette polémique ?

 

C’est vrai qu’il faut prendre l’environnement de manière très sérieuse. Donc, il y a une technologie à développer, à prendre en charge. Il faudra traiter tout ce qui est rejet et tout ce qui est production de rejets sur l’environnement. Mais il y a une chose, les pays qui font du bruit en Europe sont les pays concernés par les élections. C’est un facteur très important à mentionner. C’est beaucoup plus politique qu’autre chose. La technologie pour atteindre les hydrocarbures schisteux est en train d’évoluer. Les gens ne sont pas entrains d’attendre. Je pense que d’ici la fin de l’année tout devra reprendre. Tout ce qui est non conventionnel sera développé.

 

 

Comment Sonatrach se prépare t’elle au développement et à l’exploitation du gaz de schiste ?

 

Nous sommes au stade de l’évaluation de nos ressources actuellement. Il y a toute une banque de données qui est en train d’être mise en place afin de pouvoir réellement développer et mettre en place une stratégie de développement. Le gaz de schiste, aujourd’hui, est un investissement assez couteux, assez onéreux pour le développer. Donc, il y a une stratégie, liée à une avancée technologique et économique à mettre en place. C’est tout cela qui doit être monté. Sur le plan juridique, je crois que monsieur le ministre l’a bien annoncé, il va y avoir des améliorations légales pour inciter au développement de ce gaz de schiste. Elles auront une incidence sur les coûts notamment en matière de prestations de service liés au forage. Vous avez vu que le nombre de puits est très important partout dans le monde. Pour développer un gisement conventionnel, il faudrait une centaine de puits. Dans le gaz de schiste ou l’huile de schiste, peut- être qu’il faudrait 4 fois plus de puits parce que les aires de drainage sont plus réduites, elles sont différentes. Donc, il faut augmenter le nombre de puits. On ne porte pas l’ensemble de puits tout à fait au début mais c’est quelque chose en continue dans le temps.

 

 

L’exploitation de ces gisements prendra combien de temps ?

 

Dès que les études et stratégie seront mises en place. Cette procédure va prendre des années, c’est sûr. Ce n’est pas quelque chose qu’il faut voir demain. C’est un investissement. Et puis, on essaye aussi de bénéficier du développement technologique. La technologie continue d’évoluer. Tout ce qui a été fait ailleurs, on essaye de le transférer et de l’adapter à nos besoins et à nos problèmes parce que d’une structure à une autre, les problèmes varient et l’approche est différente. On ne peut pas extrapoler directement ce qui a été fait aux Etats-Unis et le ramener. Il faut l’adapter. Même à l’intérieur des Etats-Unis, les approches sont différentes d’un gisement à un autre. Tout dépend de la complexité et des caractéristiques de ce gisement.

 

 

« A golden age of gas needs a golden regulation », (un âge en or pour le gaz nécessite une législation en or), une expression citée lors de cet atelier d’Oran. Est ce que vous soutenez ce concept ?

 

Une règlementation en or pour qui ? Il voulait dire une législation en or peut-être pour les pays qui bénéficieront de cette production. Cela veut dire qu’ils veulent une réduction des coûts et beaucoup d’avantages et moins de conflits. Les conflits, personne n’en veut. Là où il y a un conflit, cela apporte préjudice à l’ensemble des belligérants. Mais il faudrait qu’il y ait des mesures incitatives parce que là, il y a le facteur risque qu’il faut prendre en charge. Le facteur risque sur ce type d’investissement est important. Il faudra aller au-delà pour pouvoir développer la filière.

 

 

Hafidh Abdelslam, 28 février 2012. Maghreb Emergent

 

 

Gaz de schiste : le Parlement français interdit l'utilisation de la fracturation hydraulique

 

Le Parlement français a interdit, jeudi 30 juin, l’utilisation de la technique de fracturation hydraulique pour l’exploration et l’exploitation des gaz et huiles de schiste, sous la pression d’une forte mobilisation des populations concernées. La France devient ainsi le premier pays du monde à interdire l’usage de cette technique jugée hautement polluante.

 

Le vote a été acquis par 176 voix contre 151. Seule la majorité sénatoriale UMP et centriste a approuvé le texte. La gauche a voté contre, dénonçant un "recul" et plusieurs dispositions ambiguës. Le groupe PS de l'Assemblée estime en effet que le texte manque de précision : s'il interdit la fracturation hydraulique, il n'interdit pas l'exploration et l'exploitation des gaz et huiles de schiste par d'autres techniques.

La proposition de loi du chef de file des députés de la majorité présidentielle (UMP, droite), "visant à interdire l'exploration et l'exploitation des mines d'hydrocarbures par fracturation hydraulique", déposée en urgence (une lecture par assemblée), prévoyait à l'origine l'interdiction de l'exploration de ces pétroles.

Mais le texte a été amendé en première lecture à l'Assemblée – au grand dam des députés socialistes qui avaient approuvé le texte d'origine – et ne propose plus que d'interdire la technique de la fracturation hydraulique.

Le Monde.fr avec AFP, 30 juin 2011.

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