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Publié par Saoudi Abdelaziz

Après avoir quasiment corrompu les parlementaires américains pour imposer l’oléoduc Keystone pour l’acheminement du Shale Gas ou gaz de schiste (Ecologie-blog ), le lobby pétrolier a marqué des points au Canada  (écoloblog).

Grâce à une formidable levée de masse, cette technologie dangereuse pour la santé et ruineuse en eau, a subi un revers décisif en France. Ses promoteurs mènent campagne pour « séduire » les décideurs algériens. Alors qu’il venait pourtant d’assister à l’ouverture des travaux des workshops (à l’américaine) sur ce thème, à Oran, le ministre Yousfi refuse de participer à un débat public sur le fond du problème et tranche non sans cynisme : « ceux qui veulent discuter n’ont qu’à discuter ». Il annonce pourtant, sans attendre, le financement de travaux de faisabilité, et précise son timing démocratique : « Nous ne sommes pas au stade de convaincre les sceptiques ». Il ne s’agit pas de discuter avant de décider mais de convaincre après la décision.  Les « décideurs » –ici plutôt de simples adaptateurs de scénarios américains- refusent comme à leur habitude, tout débat public sur les problèmes décisifs pour notre avenir. Vous avez dit un « nouveau premier novembre » démocratique, monsieur le président ? Votre ministre est une hirondelle de mauvais augure.

 

Synthèse Blog, 28 février 2012

 

Workshop sur le gaz de schiste à Oran

 

Appréhensions face à un débat public demandé

 

 

Le ministre de l’Énergie et des Mines, Youcef Yousfi, a éludé la question autour de la nécessité de mener, en Algérie, un large débat public autour de la question du développement et de l’exploitation du gaz non conventionnel, gaz de schiste (Shale Gas), alors qu’il venait assister à l’ouverture des travaux des workshops sur ce thème. En effet, ce débat voulu par nombre de participants et d’associations écologiques poserait la question cruciale du risque environnemental que fait peser la technologie d’extraction du gaz de schiste, à savoir l’utilisation de la fracturation hydraulique pour faire exploser la roche et libérer ainsi le gaz prisonnier des particules. Or, ces fracturations hydrauliques, nécessitant de grandes quantités d’eau, ne peuvent se faire qu’avec l’injection de produits chimiques, d’où l’inquiétude et les remises en cause du développement du gaz de schiste dans nombre de pays occidentaux, y compris au Canada et aux États-Unis, pays précurseurs. La mobilisation des opinions publiques ayant même abouti à des décisions politiques de moratoire, nous dit-on sur place.

Pour l’Association algérienne de l’industrie et du gaz (AIG) qui organise ce workshop se tenant jusqu’à aujourd’hui au CCO d’Oran, les échanges et la réflexion menés restent dans un cadre regroupant des experts et les principaux acteurs de l’industrie gazière, comme la compagnie Sonatrach, Total, Repsol, Eni, Statoil, ou encore Halliburton et Schlumberger.

En effet, si aujourd’hui le marché mondial gazier connaît de profonds bouleversements avec la baisse des prix du gaz, une demande forte émanant des pays d’Asie et la dépendance de l’Europe vis-à-vis de certains fournisseurs, l’Algérie est appelée à se positionner et va devoir définir sa politique dans ce domaine.

Pour le ministre de l’Énergie, interrogé sur la nécessité de “convaincre les sceptiques” quant aux risques environnementaux qui se poseraient dans le sud du pays, étant donné que c’est là où se trouveraient les gisements les plus importants, celui-ci estimera que “nous ne sommes pas au stade de convaincre les sceptiques, nous sommes au stade d’évaluation de notre potentiel et de voir les pilotes pour savoir s’il est possible de les exploiter ou non”, ajoutant plus loin. “Il s’avère que l’Algérie a un potentiel considérable en matière d’hydrocarbures non conventionnels. Nous allons sous peu construire des pilotes pour voir les conditions à réunir pour l’exploitation et nous mènerons les études d’évaluation.”

Plus loin, le ministre aura encore cette phrase par rapport au débat que le thème suscite en lâchant : “ceux qui veulent discuter n’ont qu’à discuter !” Durant les conférences, le potentiel de réserves de gaz de schiste en Algérie à partir de données géologiques fournies en 2010 par Sonatrach fait état de 4 000 TCF (140 milliards de m3 équivalent).

Mais c’est Attar, l’actuel vice-président de l’AIG, non tenu à la réserve comme ses anciens collègues de Sonatrach, qui déclarera lors d’un point de presse sur la nécessité ou non pour l’Algérie de développer la production de gaz de schiste : “c’est une question de choix politique qui se pose en ces termes : voulez-vous utiliser l’eau pour produire du blé ou pour produire de la lumière ?” Durant les conférences, de nombreux aspects ont été évoqués, comme la question du coût, le gaz de schiste revenant de plus en plus cher en raison des moyens technologiques utilisés et la difficulté des forages plus coûteux, ou encore les questions portant sur les outils juridiques et réglementaires à mettre en œuvre en matière de fiscalité et de protection de l’environnement.

 

D. Loukil, 28 février 2012. Liberté

 

 

Qui consomme vraiment l’eau de la planète ?

 

Plus d'un cinquième de l'eau consommée sur la planète est englouti par des produits destinés à l'exportation. Et en important de la sorte des biens intensifs en eau, les pays développés augmentent les pressions sur des zones fragiles souvent dépourvues de politiques de conservation de cette ressource rare. Voilà les conclusions d'une étude, publiée lundi 13 février dans les Proceedings of the national academy of sciences, qui modélise les flux d'eau autour du globe et met en évidence les disparités dans son utilisation.

 

A partir d'indicateurs commerciaux, de données démographiques et de statistiques sur l'usage de l'eau, souterraine, de surface mais aussi de pluie et celle recyclée, l'équipe de recherche de l'université de Twente aux Pays-Bas a quantifié et cartographié l'empreinte mondiale sur l'eau à une échelle géographique très fine.

 

Résultat : entre 1996 et 2005, 9 087 milliards de mètres cubes d'eau ont été consommés chaque année à travers la planète. L'agriculture en a englouti 92 %, notamment du fait de l'irrigation intensive des céréales telles que le maïs, le blé ou le riz  (27 % de l'utilisation d'eau douce), ainsi que de la production de viande (22 %) et de produits laitiers (7 %).

 

Les Etats-Unis, qui ne représentent que 5 % de la population mondiale, constituent le troisième consommateur d'eau douce (1 053 milliards de m3 par an), après les beaucoup plus peuplées Chine (1 207 milliards de m3) et Inde (1 182 milliards de m3). Ramenée par habitant, la consommation américaine d'eau s'élève à 2 842 m3 annuels, contre 1 089 m3 pour la Chine, 1 071 m3 en Inde et 1 385 m3 en moyenne mondiale, comme le montre la carte de la consommation d'eau de chaque pays, par an et par habitant :

 

Au-delà de la consommation directe d'eau, pour un usage domestique ou agricole, le cœur de la problématique tourne autour du concept d'eau virtuelle, c'est-à-dire de la quantité d'eau utilisée pour fabriquer un bien de consommation. Environ un cinquième de l'eau consommée dans le monde est ainsi de l'eau virtuelle, échangée entre les pays sous forme de produits agricoles ou industriels.

 

C'est notamment le cas des produits alimentaires. Un kilo de bœuf nécessite ainsi 15 500 litres d'eau, un kilo de porc, 4 900 litres, le poulet, 4 000 litres, le fromage, 4 900 litres et le riz, 3 000 litres. En les important, les pays consommateurs sous-traitent à la fois la production alimentaire mais aussi les risques environnementaux et économiques qui peuvent découler de la surexploitation de réserves limitées en eau.

 

Cette carte montre les importations nettes en eau virtuelle et la direction des flux les plus importants (supérieurs à 15 milliards de m3 par an), liés au commerce de produits agricoles et industriels, entre 1996 et 2005 :

 

Les pays les plus dépendants de ces ressources sont, comme on pouvait s'y attendre, les îles et les régions désertiques : Malte, qui dépend à 92 % de l'eau virtuelle, le Koweït (90 %), la Jordanie (86 %) et Israël (82 %). Mais certains des pays qui possèdent les plus vastes ressources en eau au monde importent aussi de larges quantités d'or bleu. Le champion de la consommation est les Etats-Unis, qui importe 234 milliards de m3 chaque année. Suivent le Japon, qui importe 127 milliards de m3, l'Allemagne (125), la Chine (121), l'Italie (101), le Mexique (92) et la France (78).

 

De l'autre côté de la balance, les pays qui exportent le plus d'eau virtuelle sont les Etats-Unis qui, avec 314 milliards de m3 par an compense plus que largement ses importations, la Chine (143 milliards de m3 par an), l'Inde (125) et le Brésil (112).

 

Au final, les auteurs de l'étude, Arjen Hoekstra et Mesfin Mekonnen, ne proposent pas de solutions directes pour limiter la consommation d'eau, virtuelle ou pas. Ils font surtout valoir que cartographier de manière précise l'empreinte eau de l'humanité permet aux Etats de connaître les risques de dépendances qu'ils encourent alors que la diminution des ressources devient une préoccupation internationale.

 

Audrey Garric, 17 février 2012. Ecologie-blog

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