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Publié par Saoudi Abdelaziz

 Tunisie: création d'une alliance de gauche contre la coalition au pouvoir

Constitution du Front populaire en Tunisie, le 12 août dernier

 

 

En Grèce depuis longtemps, en France ensuite, puis dernièrement en Tunisie, partis de gauche associations et personnalités progressistes constituent des coalitions, avec l'ambition de gouverner. En France, l’université d’été du Front de gauche pourrait enrichir la réflexion de ceux qui, dans divers pays, s’efforcent de surmonter l’atomisation des énergies. Une des questions cruciales reste sans doute la pesanteur exercée par un « esprit de parti » placé au dessus de l’intérêt populaire. Un article de l’Humanité :

 

 

 

 

 

Front de gauche : quelle place pour les non-membres d’un parti?

 

L’université d’été du Front de gauche se tient le week-end prochain. Chaque jour, nous abordons une des questions auxquelles la construction politique inédite est confrontée.

  

Emballé par la campagne présidentielle de Jean-Luc Mélenchon, Omar, trente-sixans, technicien commercial au chômage, lâche en toute naïveté: « Je veux adhérer au Front de gauche. » Le jeune intérimaire ne sait pas que cette phrase, anodine en apparence, soulève un débat depuis l’origine du Front de gauche. Né officiellement le 8 mars 2009 du cartel PCF, Parti de gauche et Gauche unitaire, la coalition a vu grossir le nombre de ses militants, qu’ils soient membres des huit organisations qui la composent ou sans étiquettes partidaires. Or, pour l’heure, ces derniers n’y ont aucune existence légale. Et veulent désormais être reconnus comme des adhérents à part entière.

 

La question n’est pas posée comme telle par Omar et tant d’autres nouveaux mordus de la politique, émus par les rassemblements du Front de gauche tout au long de la campagne électorale. Elle émane plutôt de ces nombreux associatifs, syndicalistes, intellectuels et ex-membres d’une formation politique qui ont rejoint l’alliance. «Quelle est notre place?» interroge Josiane, ancienne élue du PCF, lors d’une rencontre du comité local Front de gauche, à Arcueil (Val-de-Marne). «Je veux compter, je ne veux déléguer à quiconque ma voix. Je veux que l’on garde cette liberté de débats et d’actions que nous avons entre nous à Arcueil», précise-t-elle.

 

 

Avoir un poids décisionnel en tant que personne, en tant que structure de proximité, demeure une exigence commune à l’ensemble des comités, souvent désignés sous le générique « assemblée citoyenne », pièces maîtresses du puzzle dessinant le Front de gauche. Ce débat s’exprime également au sein de son conseil national, composé de 40% de militants non encartés. Dont le syndicaliste Pierre Khalfa: «Personne ne veut que les partis disparaissent, dit-il, mais il faut donner des signes politiques rapides qui montrent les transformations.»

 

Au-delà de son positionnement politique, la coalition se doit de répondre au défi de «passer d’une forme fonctionnant comme un cartel à une force politique marchant au consensus», souligne Pierre Khalfa. Faut-il encourager l’adhésion individuelle au Front de gauche? Ses représentants y réfléchissent: «Ce sera le signe que l’on s’ouvre, explique Danièle Obono (Convergences et Alternative). C’est un premier pas.» Elle ajoute: «Nous devons faire en sorte que la carte ait un contenu politique et une traduction démocratique. Nous devons proposer un mode d’implication national.» Un consensus semble se profiler pour que les militants non encartés puissent, au moins, adhérer dans les structures locales.

 

En rejetant l’idée de se transformer en une formation unique, le Front de gauche doit innover pour trouver une organisation qui associe l’ensemble de ses membres. Une gageure d’autant que, à l’image du comité d’Arcueil, les militants veulent continuer à décider eux-mêmes des thématiques et des actions à développer. Sans consigne d’en haut ni trop de formalisme. L’université d’été, les 25 et 26août, à Grenoble (Isère), offrira à la coalition l’occasion d’approfondir ce débat, déjà largement entamé au conseil national.

 

L’Humanité.fr, 20 août 2012

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