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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

 

Envoi de l'auteur, Patrick Dalaine, à Cerises

 

 

« Peut-on réellement attendre quoi que ce soit d’un président qui nomme des ministres qui n’ont « jamais cru à la lutte des classes » ? » écrivent Julien Dioudonnat et Michèle Kiintz, à propos du "choc de transparence" de M.Hollande. Ils affirment : « C’est une nationalisation de tout le secteur bancaire qui devrait être à l’ordre du jour »,

 

 

Sur qui compter ?

 

 

 

Voilà le choc de transparence tant attendu ! Chacun y va de sa déclaration de patrimoine… invérifiable et inutile. Déjà l’ambition affichée sème la confusion : "Moraliser la vie politique". Le Président ne pouvait faire mieux pour jeter le discrédit sur l’ensemble des élus.

 

Mais l’objectif est ailleurs. Préserver le capitalisme en l’état. Surtout ne rien mettre en travers de la route des puissants, telle est la mission de François Hollande pour les quatre ans qui lui restent à tenir.

 

Il ne suffit pas de faire les gros yeux aux banquiers pour assister, ô miracle, à la disparition des paradis fiscaux. Ni de verser dans un dangereux populisme en jetant la suspicion sur les élus.

 

Il existe une méthode simple pour dompter la finance. Elle commence par la redéfinition indispensable, avec les citoyens et les salariés concernés, des missions de l’administration fiscale et du secteur bancaire public et privé. L’administration fiscale aussi s’inscrit dans un projet de société. Comment celle-ci pourrait-elle lutter contre les riches fraudeurs dès lors que, touchée de plein fouet par l’austérité, ses effectifs ne cessent d’être réduits et ses missions rabotées, tant aux Impôts, au Trésor, aux Douanes qu’à la Répression des fraudes ?

 

Quant aux banquiers, ils n’ont pas dû être terrifiés en apprenant qu’ils devraient désormais déclarer toutes leurs filiales de par le monde. La belle affaire ! Qui contrôlera ces déclarations ? Le Président oserait-il contourner le secret bancaire ? Prendre le contrôle de ces mêmes banques serait autrement plus efficace. C’est une nationalisation de tout le secteur bancaire qui devrait être à l’ordre du jour.

 

Autre aspect mis en lumière : ce sont au bas mot 50 milliards de fraude fiscale qui échappent au budget de l’État chaque année, soit plus de la moitié du déficit budgétaire annuel, ces fameux 3 %, ou encore l’équivalent du montant payé aux banques en intérêts de la dette.

 

N’y a-t-il pas là matière à examiner publiquement cette dette ? D’où vient-elle, qui la détient ? À qui sont versés chaque année ces intérêts qui "légitiment" l’austérité pour les autres ? À ceux-là même qui fraudent ? Nous suggèrons à David Pujadas de poser la question au Président la prochaine fois.

 

Il y a bien quelques mesures simples à prendre pour une gauche qui voudrait changer ce monde et empêcher la bourgeoisie de continuer à nuire aux hommes et à la planète. Cela demande du courage politique et d’assumer une lutte de classe. Mais peut-on réellement attendre quoi que ce soit d’un président qui nomme des ministres qui n’ont « jamais cru à la lutte des classes » ? Alors sur qui doit compter le peuple ? La réponse est dans la question.

 

 

Julien Dioudonnat, Michèle Kiintz, 19 avril 2013. Lien : cerisesenligne.fr

 

 

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