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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

Malika Zediri est travailleuse sociale, militante d'association de chômeurs et précaires

 

 

Vous comme moi, nous partageons chaque jour des discutions, petites et grandes, avec nos voisins, amis, collègues, au travail, au troquet, en famille.

 

De ce petit tour d'horizon quotidien, je retiens ces éléments forts.

 

Jamais la question de l'avenir, le sien, le nôtre, n'est posée avec autant d'acuité. Désespoir et défiance, particulièrement en ces moments, en direction de tout ce qui a trait au pouvoir institutionnel et politique.

 

Ainsi ma grande fille, infirmière, me confiait il y a quelques jours « Tu sais quand je vois comment cela continue de se passer à l'hôpital, j'ai du mal à me souvenir que j'ai voté à gauche et qu'on a gagné. »

 

Mon activité m'a permis de passer du temps, de discuter avec plusieurs dizaines d'allocataires du RSA (411 € pour une personne seule). J'ai rencontré des allocataires qui sont depuis des mois et des mois dans cet état de survie. Des hommes et des femmes qui n'auront plus droit à l'allocation chômage. Même profil pour les "entrants", sauf qu'ils sont plus jeunes, plus diplômés aussi.

 

Comment vit-on avec 411 € par mois, comment se loge-t-on, même mal ? Car, en plus, il faut montrer patte blanche, rester actif, ne pas se laisser aller, c'est "gentiment" dit. Ce qui l'est moins, c'est la menace de radiation permanente. Il faut accepter les contrats, les petits, tous petits smic jusqu'au prochain retour au RSA.

 

Oui, il faut de toute urgence augmenter le RSA. Le maintenir à un niveau si faible, c'est de l'humiliation collective, vécue comme telle par les premiers concernés.

 

Mais elle rêve M. Zediri, pensez-vous ! Ce que je veux dire, c'est que malgré la crise ou à cause de la crise, il faut à chacun, chacune un revenu décent, digne (salaire ou allocation). Ce que je veux dire, c'est que malgré l'Europe et ses directives, malgré la haine viscérale, la lâcheté du gouvernement, la démagogie, l'indécence du moment, c'est maintenant et ensemble qu'il faut imposer d'autres droits.

 

La seule issue, c'est d'autres règles. C'est inventer une place, un rôle pour chacun, chacune à partir de l'endroit où on est.

 

12 octobre 2012. Cerises en ligne

 

M. Zediri est travailleuse sociale, militante d'association de chômeurs et précaires.

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