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Publié par Saoudi Abdelaziz

Par saoudi Abdelaziz, 24 avril 2013

 Le feuilleton continue. Il est relancé ce matin par de nouvelles révélations de Salima Tlemçani dans El Watan. En dépit du titre racoleur, rien sur de nouveaux faits de corruption, ou sur la procédure en cours.

Les informations des « sources » d’El Watan peuvent se résumer ainsi : des multinationales, partenaires de contrats importants, ont été choisies à l’instigation du clan présidentiel animé par Saïd Bouteflika. Voici les conclusions des « sources » de Salima Tlemçani :

« Pour celles-ci, si Chakib Khelil n’a pas été inquiété en dépit des graves accusations portées contre lui, c’est tout simplement parce qu’il n’est pas l’unique ordonnateur de ces marchés. «Les autres sont tapis à plus haut niveau de l’Etat. Ils ont mis le pays entre les mains des Américains et des Français, uniquement pour acheter leur bénédiction. Ramener l’ex-ministre à s’expliquer, c’est prendre le risque de le voir tout déballer sur le cercle présidentiel, d’autant que certains n’hésitent pas à faire la campagne pour le quatrième mandat, alors que des informations faisaient état de la création, par le frère du Président, d’un parti politique en prévision de la prochaine échéance présidentielle. En réalité, Chakib Khelil n’est que l’arbre qu’il faudra protéger pour qu’il puisse continuer à cacher la forêt, ou plutôt le clan présidentiel».

 Ces « analyses » viennent-elles de braves limiers anti-corruption qui trouvent chez Salima Tlemçani une oreille compréhensive, ou émanent-elles de la direction du DRS, dans le cadre des luttes autour des modalités de succession à l’intérieur du régime? El Watan semble nous rassurer, une page plus loin, en titrant « La surpuissance du général Toufik est un mythe », reprenant les analyses de Hichem Aboud, ancien chef de cabinet du patron de la SM dans les années 80. Ces analyses prolongent celle de son ancien collègue Chafik Mesbah sur le rôle « excessif » prêté au DRS.

 Les révélations de M. Aboud comportent, cependant, une indication intéressante sur l’organisation du pouvoir des dernières décennies. Il affirme : «Le système tel qu’il fonctionnait sous Chadli n’est pas le même que celui sous Bouteflika. Entre un président qui déléguait tous ses pouvoirs et un autre qui tient tout entre ses mains et qui ne veut rien lâcher, il y a une sacrée différence». La « présidence décentralisée » de Chadli semble être préférée aux vélléités d’une présidence forte de Bouteflika ? Mais, comment étaient délégués les pouvoirs de Chadli? On sait que le chadlisme a consacré la structuration clanique du régime algérien, sous la protection du DRS.

Arrivé à la présidence en 1999 au sortir de la Décennie noire, Bouteflika a voulu réhabiliter la fonction présidentielle, mais dès le milieu des années 2000, l’affaiblissement progressif de son état de santé a entraîné la réactivation à son profit du raccourci oblique clanique, inévitables en l’absence d’appui sur des institutions fondées sur l’Etat de droit. Le mort a saisi le vif, la présidence malade a revitalisé le chadlisme. En 2012, enterré à El Alia dans la communion retrouvée des clans des années « décentralisées », l’ancien président cool a pris une revanche posthume éclatante.

 

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