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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

Le commandant de la Gendarmerie nationale, le général-major Ahmed Bousteila, a insisté mercredi au cours d’une inspection de l’Ecole des sous-officiers d’Ain Romane (Sétif), le général-major a relevé "l’importance de suivre l’évolution des programmes et de veiller en permanence à leur modernisation pour être au diapason des normes universelles et permettre aux gendarmes d’assurer pleinement et efficacement les missions qui leur sont dévolues". (APS)

La chronique de Slimane Laouari ce matin dans le Temps d’Algérie ne parle pas de ces futurs gendarmes, choyés par leur général.

 

 

 

 

 

Former quoi et pourquoi ?

 

 

 

 

Par Slimane Laouari

 

Les ministères de la Formation professionnelle et de l'Industrie viennent de signer une convention-cadre pour la formation aux métiers industriels. Une commission mixte travaille depuis des mois déjà à identifier les besoins du secteur industriel dans quasiment toutes les spécialités, entre autres, l'électricité, la mécanique, la sidérurgie, les matériaux de construction, l'électronique ou la chimie. Bien.

 

Comme nous n'avons pas inventé le fil à couper le beurre, nous ne devons pas non plus être des pionniers en matière de formation et d'enseignement intégrés et programmés en partenariat, selon les besoins et des employeurs et les choix des futurs employés. Les velléités ont pourtant été nombreuses en la matière et il ne se passe pas une année sans qu'un secteur de production ou de service ne se rapproche en grande pompe des directions des instituts de formation ou de la tutelle pour des partenariats dont le moins qu'on puisse dire aujourd'hui est qu'ils n'ont pas été un exemple de réussite. Tout comme le reste de la politique de formation professionnelle, d'ailleurs.

 

Sinon, il n'y aurait pas autant de mécontents à la fois en la matière. Mécontents les employeurs qui n'arrivent pas à pourvoir des postes de travail nécessaires à leur activité en quantité et qualité suffisantes. Ou ces postes restent vacants, ce qui les incite à recourir au bricolage ou à la formation sur le tas, c'est-à-dire au rabais ou sacrifier d'autres employés qui ont d'autres qualifications plus nanties en nombre.

 

Mécontents, les jeunes en quête d'un vrai métier et d'un emploi. Ils sont trop vieux ou trop jeunes pour accéder aux stages, ils sont rarement acceptés dans la spécialité de leur passion et de leurs prédispositions, les cycles sont trop longs ou trop cours, le programme est trop général ou pas assez consistant, et par-dessus tout, des perspectives d'emploi toujours hypothétiques.

 

Mécontents enfin, les établissements de formation. D'abord parce qu'ils ne trouvent pas toujours chez la tutelle directe ou à un autre niveau de responsabilité l'attention politique que mérite leur mission. Des budgets rarement suffisants, une infrastructure indigente, des programmes dépassés, des formateurs de faible niveau, une technologie d'un autre siècle, et une confrontation avec le monde du travail au tire-boulettes. Dans l'affaire, on se retrouve avec un énorme déficit en personnel qualifié de formations pour futurs chômeurs et des recalés scolaires qui n'arrivent même à trouver une place en centre.

 

Il y a une dizaine d'années, un homme d'affaires algérien installé au Canada qui s'exprimait dans séminaire à El Aurassi, s'étonnait qu'on puisse parler de chômage dans un pays où... tout reste à faire. Un autre qui venait d'ouvrir un hôtel cinq étoiles sur la côte oranaise confiait qu'il avait retardé l'ouverture de son établissement de six mois parce qu'il était obligé de former lui-même des... femmes de chambre qu'il n'a pas trouvées sur le marché de l'emploi ! A un niveau plus basique, tout citoyen qui a le malheur de voir éclater un tuyau dans sa salle de bain, de vouloir refaire une façade, de réparer un circuit électrique ou d'installer une chaudière se rendra compte à ses dépens de tout ça. Et il n'y a pas peut-être pas meilleur indicateur.

 

 

laouarisliman@gmail.com, 27 décembre 2012. Le Temps d’Algérie

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