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Publié par Saoudi Abdelaziz

Depuis de nombreuses années, le régime de Kadhafi était devenu très fréquentable en Occident. Choyé par les trois leaders de la finance d’affaires, Carlyle, Goldman and Sach et Blackstone, le régime a multiplié les placements . En février puis en mars 2011, les 168 milliards de dollars de fonds libyens placés à l’étranger avaient été mis sous sequestre. Dont les 65 milliards détenus la LIA, le Fonds souverain libyen créé en 2006. Marc Roche décrit dans le journal Le Monde les péripéties de ce fonds souverain. Extraits.

 

Les investissements de la Libye à l'étranger se sont révélés de mauvais placements

 

(…) « Après avoir limité dans un premier temps ses investissements extérieurs aux obligations d'Etat et aux placements en liquide, la LIA a investi dans les actions et l'immobilier. La cible privilégiée a été l'Italie. Unicredit, la plus grande banque de détail de la Péninsule, est ainsi détenue à 2,6 % par le fonds souverain. La LIA contrôle également 2 % du groupe d'aéronautique et de défense Finmeccanica et 7,5 % du capital du club de football Juventus de Turin.

En Grande-Bretagne, le fonds a acheté plusieurs immeubles de prestige à Londres et a pris 3,01 % du capital du groupe d'édition Pearson ainsi qu'une participation dans la Royal Bank of Scotland. Plus récemment, la LIA a créé son propre hedge fund.

"Quand l'Ouest a accueilli Kadhafi les bras ouverts, les banques se sont précipitées pour vendre au régime des produits financiers hautement sophistiqués tout en étant conscientes des risques élevés de corruption dans un système où il était impossible de séparer les actifs nationaux de la fortune personnelle des dirigeants", critique Robert Palmer de l'ONG anticorruption britannique Global Witness à propos des pertes colossales subies par la LIA dans les placements libyens réalisés par des grandes banques occidentales.

Les financiers occidentaux en ont mis plein la vue pour impressionner les nouveaux riches de la Grande Jamahiriya populaire et socialiste. Trois grands ténors – Stephen Schwarzman (Blackstone), Frank Carlucci (Carlyle) et Michael Sherwood (Goldman Sachs) – s'en sont notamment chargés. Saïf Al-Islam, le fils cadet du Guide et homme fort de la LIA, était en particulier fasciné par la puissance du trio Goldman Sachs, HSBC et Société générale.

Après tout, Washington, Londres et Paris choyaient à l'époque le régime redevenu fréquentable. Les trois banques ont dilapidé les fonds libyens qui leur ont été confiés.

Une majorité des transactions concoctées par la crème des banquiers d'affaires se sont révélées de mauvais investissements. Unicredit est touchée de plein fouet par la crise italienne. La valorisation boursière de Pearson est pénalisée par sa diversification dans la presse et RBS a été nationalisée. Le hedge fund libyen FM Capital Partners créé à grands frais par Saïf Al- Islam n'a jamais été opérationnel.

C'est pourquoi beaucoup dans la City évoquent, à propos du LIA, le précédent du Koweit Investment Authority, sorti exsangue de la première guerre du Golfe, en 1991. Seule la relance de l'exploitation pétrolière avait permis au fonds souverain de l'émirat de sortir de l'ornière.

Marc Roche. Le Monde.fr, 26 août 2011

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